Minisatellites pour maxi applications
La Tribune
La Tribune
Ouvrir l'espace aux industriels et aux scientifiques ! C'est le pari un peu fou de deux jeunes diplômés de l'Insa (Institut national des sciences appliquées) à Lyon. Le Bulgare Spas Balinov et le Polonais Stanislaw Ostoja étaient tous deux persuadés que l'orbite basse de la Terre est encore sous-exploitée, tant d'un point de vue scientifique que commercial... Leur société Novanano, crée en septembre 2009, a développé et testé une plate-forme de lancement de pico-satellites (des engins de moins de 20 kg). Les deux étudiants ont partagé leur passion commune pour l'espace dans les clubs de fusées, ces challenges universitaires d'aéronautique expérimentale. La tête dans les étoiles, mais les pieds bien sur terre, les deux élèves-ingénieurs ont rapidement pris conscience du potentiel commercial des Cubesat, - ces satellites cubiques de 10 centimètres de côté pesant 1 kg -, dont plusieurs exemplaires ont déjà été placés en orbite. Nombreux débouchésAprès deux voyages d'étude (en Russie et en Inde) dans le cadre de leur scolarité, ils ont affiné leur projet. « Nous avons développé le déployeur de ces petits satellites, une boîte qui contient les Cubesat dans la fusée et éjecte chacun des engins séparément afin de pouvoir laisser le bon espace entre eux », explique Spas Balinov. L'objectif de Novanano est de proposer une plate-forme stable pour créer une constellation de pico-satellites. Selon lui, de nombreux débouchés sont à attendre de ces satellites beaucoup moins coûteux que leurs grands frères. « C'est une formidable opportunité offerte aux centres de recherche pour lancer des applications scientifiques des tests de comportement de matériaux dans l'espace par exemple) car le système est très souple et occupe peu de place dans les fusées », observe Spas Balinov. Les créateurs de Novanano imaginent aussi l'intérêt stratégique de pouvoir déployer des réseaux privés de télécommunications à moindre coût, sachant que le lancement d'un Cubesat coûte environ 1 million d'euros. Le déployeur, baptisé FlyMate, a été testé en conditions réelles de micropesanteur dans un Airbus spécial. Le premier vol d'essai est prévu pour début 2011 sur un lanceur russe ou indien. L'objectif des deux fondateurs est ensuite de développer leurs propres pico-satellites. Novanano emploie actuellement quatre personnes. Elle a bénéficié d'une aide à la création d'entreprise de Crealys, l'incubateur de la région Rhône-Alpes. Elle vient de réaliser une première levée de fonds de 300.000 euros et espère bien augmenter son capital après le premier lancement.
La Tribune
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
Ruptures conventionnelles : voici de combien sera réduite la durée de votre allocation chômage
A Marseille, la coalition des éditeurs de presse se renforce face aux plateformes d’IA
« Absurde », « prétexte », « injustifié »... Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump