GM choisit finalement Magna pour reprendre Opel

Après six mois d'attentes, de volte-face et de tergiversations, General Motors (GM) a finalement cédé. Opel sera vendu au favori du gouvernement allemand, l'équipementier austro-canadien Magna. Après l'accord du conseil d'administration de GM, le trust qui gère actuellement Opel et qui avait le dernier mot a aussi donné son feu vert. Hier matin pourtant, les observateurs pariaient plutôt pour le maintien d'Opel au sein de GM. Mais ce choix aurait provoqué un conflit avec le gouvernement allemand, qui s'était largement impliqué en faveur du projet Magna, moins coûteux en emplois allemands, et qui conserve les quatre sites de production d'Opel outre-Rhin. Garder Opel était aussi très coûteux pour le groupe de Detroit : selon KPMG, 4,2 milliards d'euros auraient été nécessaires. Il aurait enfin fallu compter avec la colère des salariés allemands. Le choix des administrateurs a cependant été difficile, car GM va voir sa présence en Europe réduite à sa marque Chevrolet sous laquelle sont commercialisées des voitures fabriquées en Corée. On comprend que GM ait hésité et longtemps préféré une reprise par le fonds RHJI qui lui laissait l'espoir de revenir dans Opel.GM a donc posé des conditions. Certains points devront ainsi encore être « éclaircis » et faire l'objet de négociations comme le plan de réduction des coûts et le bouclage définitif de l'aide financière apportée par les autorités allemandes. GM voudrait aussi rester lié à Opel pour la technologie, le développement des modèles et les achats. Berlin affirme n'avoir fait aucune concession. Mais si, comme c'est probable, la signature définitive de la vente n'intervient qu'après les élections du 27 septembre, le nouveau gouvernement issu des urnes pourrait être plus compréhensif. Berlin avait déjà relevé fin août à 4,5 milliards d'euros le montant des aides et garanties accordées à Opel en cas de reprise par Magna. Dans l'immédiat, Angela Merkel, qui a qualifié de « surmontables » les conditions de GM, peut se « réjouir extraordinairement » du choix de Magna. La chancelière s'était si fortement impliquée en faveur de ce dernier qu'elle y jouait sa crédibilité politique. Désormais, elle peut louer le gouvernement dont « la ténacité a pay頻 et se draper à nouveau dans une position de femme d'État dont elle a fait son principal argument électoral.10.000 emplois menacésL'avenir d'Opel sera néanmoins un défi pour son repreneur. Magna et son allié russe Sberbank détiendront 55 % du nouveau groupe, GM en gardant 35 % et les salariés obtenant 10 %. L'ambition est de conquérir les marchés de l'ex-URSS. 10.000 des 50.000 emplois actuels d'Opel devraient être supprimés et l'usine belge d'Anvers fermée. Le succès n'est cependant pas acquis. Avant la crise, Opel n'était pas en bonne santé. GM Europe, déficitaire depuis 1999 malgré des restructurations répétées, a multiplié par cinq l'an dernier ses pertes avant impôts, à plus de 2 milliards d'euros.Opel souffre de coûts de production élevés en Allemagne, qu'il ne peut répercuter sur ses prix parce qu'il ne jouit pas de l'image d'un Volkswagen. Ses véhicules ont connu des problèmes de fiabilité il y a quelques années et ses produits sont souvent jugés ternes, comme la Corsa. Opel pâtit aussi des réorganisations successives et peu efficaces de l'ingénierie mondiale de GM et des synergies quasi introuvables avec la branche nord-américaine du groupe. Il est in fine un « petit » constructeur à l'échelle mondiale, avec 1,6 à 1,7 million de véhicules vendus par an en moyenne. La part de marché d'Opel en Europe est en chute libre depuis les années 1990. Elle atteignait à peine 7,6 % au premier semestre 2009, contre 12,5 % en 1995 ! n Infographie3cols x 95mmMagna et son allié russe Sberbank détiendront 55 % du nouveau groupe, GM en gardant 35 % et les salariés 10 %.

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