Le bel appétit de Suntory
La Tribune
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Se développer tout en se concentrant. Tel est l'étrange régime que s'impose depuis quelques mois le spécialiste japonais des boissons Suntory. Il faut dire que les groupes agro alimentaires nippons font face à une contraction sans précédent de leur marché intérieur, conséquence de l'effondrement démographique du pays. En dix ans, les ventes de bière ont ainsi baissé de 15 % au Japon et « le marché diminuera encore, en 2009, de 1,7 % », selon Nigel Muston, analyste du secteur chez CLSA.Ce rétrécissement du marché entraîne deux grandes conséquences. D'abord, une consolidation rapide du secteur. Suntory, numéro trois japonais des vins et spiritueux, est en pourparlers de fusion avec le numéro un, Kirin. Pourtant, Suntory, un groupe familial non coté, dirigé par Nobutada Saji, le petit-fils du fondateur, résiste plutôt bien à la crise. Ses ventes de whisky continuent de lui assurer une rente confortable (il contrôle 70 % du marché japonais). Mais il a compris qu'il ne pourrait survivre sur le marché morcelé du Japon qu'en assurant sa place de numéro deux du secteur, quitte à pactiser avec son principal rival. Le groupe formé par cette fusion dégagerait un chiffre d'affaires de 41 milliards de dollars, supérieur donc à celui de Coca-Cola. Il régnerait au Japon sur la moitié du marché de la bière et sur un tiers de celui des boissons non alcoolisées. Un rare exemple au Japon de fusion réellement stratégique, entre groupes en bonne santé financière, et non défensive.le temps presseLa deuxième conséquence, c'est la recherche de croissance à l'étranger par des acquisitions. Profitant des taux d'intérêt très bas au Japon et d'un yen encore assez fort, Suntory et Kirin multiplient les investissements à des prix souvent jugés exorbitants par les spécialistes des fusions-acquisitions. Pour Suntory, le temps presse. Ses ventes à l'étranger ne représentent que 12 % de son chiffre d'affaires, contre 25 % pour Kirin. Avant Orangina, Suntory n'avait investi que dans des sociétés en Asie-Pacifique de taille moyenne, comme le néo-zélandais Frucor ou le thaïlandais Tipco. Régis Arnaud, à Tokyo?????245???????? milliards Texte de base sur deux ou trois lignes maximum.
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