Orangina réveille les convoitises
La Tribune
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groalimentaireOrangina passera-t-il bientôt sous pavillon japonais ? Le groupe Suntory a confirmé hier être en négociation avec les fonds d'investissement Blackstone et Lion Capital pour acheter le groupe de 1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, composé du plus secoué des sodas, mais aussi de ses nombreuses cousines : Oasis, Schweppes, Pampryl, Pulco, etc. Selon le « Wall Street Journal », la transaction pourrait dépasser 1,6 milliard d'euros.Pour le japonais, en passe de supplanter Coca-Cola en tant que géant mondial des boissons (voir ci-dessous), l'intérêt d'un débouché en Europe est évident. « Suntory a besoin de sortir de son pré carré nippon en faible croissance pour aller la chercher ailleurs dans le monde », explique Jean-Daniel Pick, associé chez OC&C. Ce pourrait aussi être le bon moment de vendre pour les deux fonds américains. Trois ans après leur rachat d'Orangina à Cadbury, la situation financière de l'entreprise est saine mais a peu évolué. Et avec la crise qui s'accentue, notamment en Espagne, où la consommation de boissons hors domicile chute fortement, les comptes pourraient se dégrader.investissements recentrésMais ce soudain intérêt de Suntory pourrait surtout éveiller celui d'autres acteurs, en tête desquels Coca-Cola et PepsiCo. Déjà, en 1999, quand Pernod Ricard avait voulu vendre la marque au géant d'Atlanta, Pepsi avait fait barrage en sensibilisant les autorités de la concurrence, notamment sur le fait qu'il dépendait d'Orangina pour la distribution de ses boissons sur le réseau hors domicile. « Il est très étonnant que la vente s'effectue de façon si discrète », confie un concurrent. « Si le deal ne se fait pas tout de suite, cela pourrait pousser les deux autres à faire des contre-offres », estime Jean-Daniel Pick.Il faut dire que la marque est alléchante, surtout en France, son premier marché, où, avec des ventes en hausse de 12 % cette année, elle est le plus gros contributeur à la croissance des produits de grande consommation, tous secteurs confondus ! « Lorsque nous l'avons récupérée, la société était désemparée, ses ventes chutaient et son résultat d'exploitation avait perdu 30 % en trois ans », explique Patrick Mispolet, président d'Orangina France. Cet ancien d'Allied Domecq a recentré les investissements sur les trois marques phares Orangina, Oasis et Schweppes, accru les budgets publicitaires de 80 % en quatre ans et multiplié les innovations. Résultat, les campagnes de Nicole Kidman préférant le Schweppes aux bras d'un beau mec ou celles de girafes sexy se régalant d'Orangina ont fait grimper les ventes de 14 % pour Schweppes et 19 % pour Orangina. Le repositionnement d'Oasis sur le fruit et la baisse du taux de sucre de 9 % ont fait croître les ventes de cette marque de 50 % depuis 2005. Au final, difficile de dire où en sont les comptes car ces investissements coûtent cher. Mais, selon l'interne, « un beau travail a été fait ». Les deux fonds devraient donc laisser la pression monter pour faire une fois encore exploser la petite bouteille ronde? Comme dans la pub.
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