Le numérique plaide sa cause pour le grand emprunt
La Tribune
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PolitiqueLa place de l'économie numérique au sein du grand emprunt sera âprement négociée. Lors du séminaire organisé hier par la secrétaire d'État à l'Économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, destiné à évangéliser Michel Rocard et Alain Juppé sur le sujet, les deux responsables de la commission ad hoc chargée de définir les priorités du futur emprunt ont souligné, devant le foisonnement de projets, que rares seront les dossiers retenus.Michel Rocard a plutôt soufflé le froid. « Le numérique n'est pas le seul demandeur, il y a une concurrence sérieuse », a-t-il déclaré, citant en particulier les projets touchant à la croissance « verte » (matériaux, véhicules, etc.) et le nécessaire investissement dans les universités françaises. Alain Juppé a ensuite réchauffé l'assistance avec une position plus encourageante pour la secrétaire d'État. « Vous avez toute raison d'espérer dans le grand emprunt, le numérique est au c?ur du débat. S'il y a une part d'infrastructures dans l'emprunt, les infrastructures numériques seront prioritaires. » L'ancien Premier ministre a repris une antienne chère à Nathalie Kosciusko-Morizet, selon laquelle « numérique et écologie [sont un] même combat ».réflexion « pertinente »Au cours de cette journée où chacun est venu tendre sa sébile, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, est venu défendre les contenus face aux tuyaux (le déploiement des réseaux à très haut débit). Avec, comme priorité, la création d'« une porte d'entrée unique pour l'accès au patrimoine culturel français ». Sans fermer la porte aux négociations entre Google et la Bibliothèque nationale de France, il a souligné que les initiatives de numérisations devaient être « aidées et coordonnées ». Pour le ministre, le développement de la radio numérique et de la télévision mobile personnelle serait également éligible au « grand emprunt ».François Fillon a jugé en conclusion « particulièrement pertinent que la commission de réflexion [?] regarde de très près les modalités de mobilisation des ressources de cet emprunt pour accélérer le déploiement du très haut débit sur notre territoire ». François Fillon a toutefois précisé ne pas vouloir « s'immiscer » dans ses travaux. O. H. et J.-B. J.
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