Gras Savoye ouvre
La Tribune
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Gras Savoye, premier courtier d'assurance français et 9e mondial, va réorganiser la structure de son capital. Son président-directeur général, Patrick Lucas, a confirmé à « La Tribune » être en négociations exclusives avec le fonds d'investissement Astorg, confirmant des informations du site Internet Corporate Finance News. Le fonds doit devenir actionnaire aux côtés des familles historiques Gras et Lucas et du groupe américain Willis. Astorg entrerait à hauteur d'un tiers du capital. Il financerait sa participation par un peu moins de 100 millions d'euros en cash auquel s'ajoutera un emprunt.Cette opération valoriserait la totalité du capital de Gras Savoye à environ 500 millions d'euros. Le courtier Willis, actionnaire depuis 1997, abaissera sa participation de 46,2 % à environ un tiers. De leurs côtés, les familles historiques et les dirigeants, qui détiennent aujourd'hui 48,8 % de Gras Savoye, descendraient également à hauteur d'un tiers du capital. Pour sa part, la famille Gras souhaite se désengager davantage sans qu'un seuil précis soit fixé pour le moment. Comme les salariés seront invités à prendre une petite participation, les parts des trois actionnaires de référence évolueront en proportion, de façon à respecter l'équilibre tripartite.Volonté de désengagementEn début d'année, le courtier avait discuté avec le fonds LBO France avant d'ouvrir plus largement le processus. Au mois de juin, six fonds avaient déposé une offre préliminaire : Charterhouse, 3i, Barclays Private Equity, LBO France, Sagard et Astorg. Seuls les trois derniers figuraient sur la liste finale avant le choix définitif d'Astorg.Le pacte d'actionnaires initial prévoyait que Willis puisse exercer une option d'achat de 2010 à 2012 pour acquérir les parts des familles et prendre le contrôle de Gras Savoye. Mais après l'acquisition coûteuse de son concurrent américain HRH en novembre dernier, Willis n'a pas les moyens financiers de racheter Gras Savoye alors que les familles souhaitent se désengager en partie. L'idée a donc émergé de faire entrer un fonds d'investissement pour gagner du temps et reculer l'éventualité du rachat de Gras Savoye par Willis à plus tard.« Le protocole en cours de négociation construit le capital autour de trois actionnaires avec la possibilité pour Willis de prendre la majorité en 2015. S'il ne le souhaite pas, les autres actionnaires seront libres de trouver un autre acheteur », explique Patrick Lucas. D'aucuns prétendent que le choix d'Astorg aurait été facilité par le fait que son patron, Xavier Moreno, est le frère d'Hubert Moreno, directeur général adjoint de Gras Savoye. Patrick Lucas s'en défend, affirmant que le choix a été purement « professionnel et pas relationnel ». D'ailleurs, selon un proche, leur fraternité a été un handicap au début, car elle a été mal perçue en interne. Cette recomposition du capital ne perturbe pas l'activité du courtier français selon le PDG. Au contraire, « cette opération va stabiliser le capital jusqu'en 2014 », affirme-t-il. Patrick Lucas prévoit même une croissance de 3 % environ de son chiffre d'affaires en 2009 par rapport aux 541,6 millions d'euros encaissés en 2008.
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