Les groupes qui investissent ont la cote en Bourse
La Tribune
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De chaque côté de l'Atlantique, les indices s'emballent et culminent à leurs plus-hauts depuis onze mois. Au-delà des 3.700 points pour le CAC 40, et de 1.000 points pour le S&P 500. Et cela à mesure que le marché nourrit l'espoir d'un retour à l'investissement au travers des dernières annonces de fusions-acquisitions. Les équipes de Thomson Reuters ont réalisé un sondage auprès de 1.098 investisseurs depuis 2006, autour de la question : « Quelle est la meilleure façon pour une société d'utiliser ses flux de trésorerie ? ». Cette année, 44 % d'entre eux estiment que les ressources doivent être allouées au remboursement de la dette. Il s'agit là de leur source de préoccupation majeure. Alors qu'elle ne récoltait que 11 % des voix en 2006. Dans le même temps, sous les feux des projecteurs il y a trois ans, le thème des rachats d'actions a perdu de sa popularité (30 % aujourd'hui contre 60 % en 2006). En revanche, l'échantillon accorde de plus en plus d'importance aux acquisitions et aux dépenses d'équipements, qui totalisent 56 % des préoccupations contre 50 % trois ans plus tôt. Cette tendance se traduit dans les faits : les groupes du CAC 40 réputés pour leur politique de croissance organique agressive sont nettement mieux valorisés que la moyenne. Du moins en matière de ce que les Anglo-Saxons nomment le « price to cash-flow » (cours/flux de trésorerie par action). quelques effortsEn haut du classement, on retrouve, selon Factset, L'Oréalcute;al, qui se négocie à 14,7 fois sa capacité d'autofinancement attendue en 2009. Suivi de près par Essilor (13,4 fois), LVMH (13,3 fois), ArcelorMittal (12 fois) ou encore Danone (11,3 fois). À titre de comparaison, le « price to cash-flow » médian de l'indice CAC 40 atteint 6,8. Contre une moyenne de 7,4 au cours des dix dernières années. En bas du tableau figurent des entreprises aux profils financiers plus risqués offrant peu de visibilité sur l'évolution de leurs résultats. C'est le cas de sociétés comme Peugeot (2,9 fois), Air France-KLM (4 fois) ou encore Renault (4,3 fois). Toute la question est maintenant de savoir si un retour des opérations de croissance externe pourrait provoquer une augmentation des multiples et un retour à leur moyenne de 7,4 fois sur dix ans. Vincent Juvyns, stratégiste chez ING, émet certaines réserves quant à la capacité des proies à générer des ressources supplémentaires pour leurs repreneurs. Tout en reconnaissant que les marchés actions restent bon marché. Une chose est sûre : la dernière sortie de crise en 2003 s'est caractérisée par des niveaux de « price to cash-flow » élevés qui ont atteint un pic de 8,6 sur l'année, pour redescendre ensuite à 7 fois en 2004. Mais, pour en arriver là, il faudra certainement que les groupes du CAC 40 concèdent encore quelques efforts pour optimiser leur trésor de guerre. En clair, sécuriser leur trésorerie tout en investissant à bon escient.
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