Taxer les oeuvres d'art à l'ISF : députés "financiers" contre "cultureux"

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Qui veut taxer les œuvres d\'art, en tous cas les inclure dans l\'assiette de l\'ISF ? Contrairement à la totalité ou presque des débats fiscaux, qui opposent droite et gauche, la première accusant la seconde d\'assommer les contribuables à coup de hausses d\'impôts massives et contreproductives, la question des œuvres d\'art rassemble les députés. Du moins les membres de la commission des Finances. C\'est le rapporteur général du Budget au sein de cette commission, le socialiste Christian Eckert, qui en fait la proposition, mais celle-ci n\'est pas nouvelle. Surtout, elle avait été émise par l\'un de ses collègues UMP, Marc Le Fur. « Je suis satisfait de voir que le rapporteur socialiste du budget reprend une proposition que je défends depuis de nombreuses années » a-t-il écrit dans un communiqué.Récemment, le président de la commission des finances de l\'Assemblée nationale, Gilles Carrez (UMP) avait relancé cette proposition, affirmant début septembre à La Tribune qu\'à « l\'heure où les œuvres d\'art sont devenues l\'un des premiers placements spéculatifs, il faudrait à l\'évidence revenir sur leur exonération. » Celle-ci « n\'est plus justifiable » insistait-il. Les députés PS approuvent dans leur majorité cette idée de taxer la spéculation. Une spéculation incontestable, à voir l\'envolée des prix, et la surenchère provoquée par certains investisseurs venus de l\'Est ou des pays du Golfe. Le Qatar est ainsi devenu, en quelques mois, un investisseur majeur, n\'hésitant pas à surenchérir sans limites pour se constituer une collection.Financiers contre défenseurs du marché de l\'artPour autant, cette idée de taxer les œuvres d\'art provoquera de nombreux remous. Car, si elle est consensuelle parmi les députés spécialistes des questions financières, budgétaires et fiscales, elle suscite à l\'inverse une forte opposition des défenseurs du marché de l\'art. Déjà, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, s\'est « prononcée en défaveur » de cette initiative, très mal vue dans les milieux de l\'art qui pointe ses dangers : affaiblissement du patrimoine national par la vente d\'œuvres à des collectionneurs étrangers, frein au marché de l\'art français... L\'ancien ministre de la culture UMP Jean Jacques Aillagon, qui a soutenu François Hollande pendant la campagne électorale, juge qu\'un tel vote « ne serait pas raisonnable ». Et les accusations de spéculation sont vertement contestées « Nous ne sommes pas des spéculateurs » s\'insurge Gilles Fuchs, président de l\'Association pour la Diffusion Internationale de l\'Art français (Adiaf), qui regroupe quelque 300 collectionneurs. \"Nous sommes là pour aider les artistes à éclore, les accompagner\", dit-il. \"Des collectionneurs m\'ont déjà dit qu\'ils n\'allaient pas acheter à la Fiac, en attendant d\'y voir plus clair\" sur ce qui sera décidé, assure-t-il. Il reviendra au parlement de décider, a affirmé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Le débat n\'en sera que plus vif... 

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