Moscou tente d'acheter la fidélité de Kiev avec son gaz

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\"La Russie a posé une condition\", a déclaré mardi le premier ministre ukrainien Mykola Azarov. \"Rejoignez l\'Union Douanière, et demain vous payerez votre gaz 160 dollars [les mille m3]\". Aujourd\'hui, Kiev paie 62% plus cher son gaz, soit 425 dollars, davantage même que les clients européens de Gazprom. Moscou confirme la proposition. Le Belarus, qui fait déjà partie de l\'Union Douanière avec la Russie et le Kazakhstan, paie actuellement son gaz russe 166 dollars. L\'Ukraine, comme le Belarus, sont les principaux pays de transit du gaz russe vers l\'Europe. Tous deux souffrent d\'une forte dépendance énergétique vis-à-vis de Moscou.Pas de réponse claire de KievLa question douanière est un point particulièrement sensible en Ukraine, où la population a vu sa facture énergétique exploser depuis 2009. Prudent, comme pour tâter l\'opinion publique, Mykola Azarov n\'a pas répondu clairement à la proposition russe. Rejoindre l\'Union Douanière, avec laquelle nous réalisons 40% du commerce extérieur, répond aux intérêts du pays, explique le premier ministre ukrainien. Il précise aussi qu\'un accord d\'association avec l\'Union Européenne (30% du commerce extérieur), \"répond aussi aux intérêts nationaux\". S\'il ménage la chèvre et le chou, c\'est qu\'il est soupçonné par l\'opposition de sacrifier la souveraineté du pays. \"Cela revient à dire qu\'on est mieux nourris dans leurs prisons que dans nos tranchées\" s\'emporte l\'éditorialiste Maxime Koukhar. Le Parti des Régions au pouvoir risque de perdre la majorité au scrutin parlementaire du 28 octobre, en dépit du fait que la principale opposante du pays, Ioulia Timochenko, croupit en prison.Gain géopolitique pour MoscouA Moscou, la souveraineté de l\'Ukraine est également un problème. Le Kremlin se démène - jusqu\'ici sans succès - pour ramener l\'ancien vassal dans son giron géopolitique et économique. Le Kremlin convoite le réseau de gazoducs ukrainien si stratégique pour ses exportations vers l\'Europe, et veut à tout prix que Kiev rejoigne un jour l\'Union Européenne ou l\'OTAN. L\'Union Douanière promue par Moscou est un instrument de réintégration des anciens satellites soviétiques, qui doit servir de noyau pour une future alliance destinée à rivaliser avec l\'Union Européenne, la Chine et les Etats-Unis.Facture trop salée pour Gazprom ?Mais beaucoup de Russes trouvent la facture géopolitique dure à avaler. \"L\'entrée de l\'Ukraine dans l\'Union Douanière pourrait coûter 12% des bénéfices nets de Gazprom\", souligne Alexeï Kokine, analyste pétrole et gaz à la banque d\'investissement Uralsib. D\'un autre côté, le temps ne joue pas en faveur de Gazprom: le prix du gaz a tendance à baisser avec la demande et l\'arrivée imminente du gaz de schiste. Moscou sait qu\'il doit frapper un grand coup maintenant, avant que Kiev trouve le moyen d\'échapper à son étreinte. 

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