L'éditorial de Éric Chol

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Les élections législatives de mi-mandat ne sont jamais un rendez-vous agréable pour les présidents américains : celles du 2 novembre n'échapperont pas à la règle. Deux ans après son élection triomphale à la Maison-Blanche, Barack Obama risque de payer au prix fort ses erreurs économiques. Celui qui avait pris pour modèle Abraham Lincoln ou rêvait de devenir le Franklin D. Roosevelt du XXIe siècle ne surpasse plus aujourd'hui que d'un cheveu son prédécesseur George W. Bush dans le coeur de ses compatriotes. Car les Américains continuent de ressentir, semaine après semaine, l'ampleur des effets de la récession. Creusement des inégalités dans le pays, destructions d'emplois dans les écoles ou les administrations publiques : la recette Obama n'a pas produit les effets escomptés. Et sa gestion très critiquée de la marée noire dans le golfe du Mexique, la polémique sur les saisies immobilières ou son incapacité à relancer l'économie ont fini par brouiller son image. Sans parler de sa réforme de la santé, dont la facture déclenche des ulcères chez les patrons. Séduits au départ par son charisme et son énergie, banquiers et chefs d'entreprise découvrent au fil des mois un président brouillon, parfois idéologue et souvent cassant. Ils lui reprochent sa fibre interventionniste, la dérive des déficits, et une profonde méconnaissance de leurs préoccupations. Quant aux classes populaires américaines, elles sont touchées de plein fouet par un chômage de masse qui s'installe durablement dans le pays, du jamais-vu depuis l'après-guerre. « Yes, we can », scandait pourtant l'adversaire de John McCain en 2008. Mais non, le miracle Obama n'a pas eu lieu, et la candeur avec laquelle Wall Street avait fondu à l'époque sur le candidat démocrate, lui prodiguant sans compter bulletins de vote et soutiens financiers, a laissé place aujourd'hui à un sentiment mêlé de résignation et de tromperie. Comme si le remède Obama n'avait pas marché. echol@latribune.f

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