Berlin a torpillé le rapprochement EADS-BAE Systems

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C\'est désormais confirmé, l\'Allemagne a torpillé l\'opération EADS/BAE Systems, en raison de son intransigeance très égoïste. Plus précisément, la chancelière Angela Merkel s\'est opposée aux modalités de rapprochement entre les deux groupes. C\'est d\'autant plus fâcheux que, selon nos informations, à l\'inverse, Paris et Londres étaient tombés d\'accord avec les deux directions d\'EADS et de BAE Systems. Ce qui semblait aussi le cas du groupe Lagardère. Daimler était également sur cette tendance mais a été contraint de suivre la ligne de Berlin.Berlin n\'a pas joué le jeuPour les négociateurs d\'EADS et de BAE Systems, la tache a été compliquée. Car les Allemands n\'ont pas exprimé tous leurs souhaits lors des séances de négociations. En revanche, ils ont fait fuiter leurs exigences dans la presse, notamment allemande. Les deux groupes n\'ont pas réussi à faire plier Angela Merkel, qui pense déjà aux élections de septembre prochain et devait obtenir un consensus politique difficile en Allemagne sur ce dossier, sans accéder à ses trop grandes exigences... Car faut-il rappeler que l\'Allemagne n\'est pas actionnaire (c\'est Daimler qui porte les intérêts allemands) et ne détient aucun actif de défense stratégique sur son sol. Ni François Hollande, ni le Premier ministre britannique \"n\'ont osé\" tordre le bras à Angela Merkel, regrette un proche des négociations.L\'Allemagne n\'avait rien à donner mais avait d\'énormes exigencesQu\'elle veuille s\'arroger 9 % du capital de la nouvelle entité passe encore (même si la position d\'EADS a toujours été contre) à condition néanmoins qu\'elle ne demande pas des conditions exorbitantes attachées à sa présence au capital. \"Des droits particuliers ou un pacte avec la France constituent des lignes rouges qui mettraient en péril l\'opération. Elles modifieraient le profil commercial du groupe qui ne veut pas apparaître comme une émanation des Etats pour pouvoir commercer avec tout le monde, et poseraient un problème avec les Etats-Unis\", avait expliqué un proche du dossier juste avant que la nouvelle ne tombe. \"Une part de 9 % sans droits particuliers, c\'est gérable. Que l\'Allemagne rachète toute la participation de Daimler qui veut sortir (14 % du nouvelle entité), cela poserait en revanche un problème\", avait-il ajouté. In fine, l\'Allemagne avait déjà obtenu beaucoup : la possibilité d\'entrer au capital et une action spéciale qui lui permettra de s\'opposer à toute tentative d\'OPA et de préserver les emplois, les sites industriels et la recherche et développement sur le sol allemand.Berlin ne s\'est pas laissé convaincreConcernant la revendication de l\'Allemagne qui voulait le siège social en Allemagne, le patron d\'EADS \"Tom Enders (qui a installé le siège d\'EADS à Toulouse pour des raisons économiques, ndlr) n\'est pas homme à changer d\'avis\", rappelle une source proche des négociations. Les discussions se seraient retrouvées bloquées sur cette exigence de Berlin. Pourquoi l\'Allemagne avait-elle de telles exigences ? Parce qu\'elle n\'avait rien à perdre - puisqu\'elle n\'avait rien à donner - à se montrer intransigeante et surtout tout à gagner. Y compris si EADS et BAE Systems obtenait une prolongation des autorités boursières britanniques (panel). Et comme le suggérait malicieusement un observateur, pourquoi Berlin se serait-il laissé convaincre plus tard ? Berlin portera de façon indélibile la responsabilité de l\'échec du deal de la décennie.

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