Le Nobel de la paix et le yuan tendent les relations avec Pékin

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Les réactions acerbes n'ont pas tardé ce week-end en Chine après l'attribution vendredi du prix Nobel de la paix au dissident Liu Xiaobo. Le tabloïd « Global Times », a adopté le ton de la victime en accusant l'Occident de vouloir faire du prix Nobel « une arme politique ». Même si la plupart des médias chinois ont ignoré cette distinction dérangeante pour le régime communiste qui a condamné à onze ans de prison pour subversion ce militant de la démocratie, quelques journaux ont malgré tout répercuté la condamnation proférée par le ministre des Affaires étrangères qualifiant la décision du jury d'« obscénité ». Les milieux de la dissidence chinoise ont célébré samedi l'attribution du Nobel de la paix à Liu Xiaobo, qui a participé aux protestations de la place Tian'anmen en 1989, tout en redoutant un nouveau tour de vis. La veille, la police a arrêté des dizaines de sympathisants de Liu dans plusieurs villes dont Pékin et Shanghai, selon une organisation de défense des droits de l'homme.Libération immédiateLe choix du jury du Nobel intervient dans un contexte diplomatique inconfortable pour Pékin qui a fait pression sur ce jury pour qu'il renonce à son choix. La semaine dernière, l'Union européenne (UE), lors de ses sommets à Bruxelles avec les pays d'Asie et avec la Chine, en présence du Premier ministre Wen Jiabao, a critiqué non seulement la politique chinoise en matière de droits de l'homme, mais aussi la sous-évaluation de sa monnaie, le yuan. Fin septembre, c'est la Chambre des représentants américain qui a adopté un projet de loi devant autoriser le gouvernement des États-Unis à lever des droits de douane compensatoires sur les importations de produits chinois tant que le yuan restera sous-évalué. Dès vendredi le président Obama a félicité le jury du Nobel, qui l'a distingué l'an passé, soulignant que les changements politiques n'avaient pas suivi au même rythme les progrès économiques chinois, et appelant à la libération de Liu Xiaobo. Hillary Clinton, la secrétaire d'État, a même exigé que cette libération soit immédiate. La France, qui a besoin du soutien de la Chine pour sa future présidence du G20, a salué avec prudence, vendredi, l'attribution du prix Nobel de la paix à l'opposant chinois par la voix de son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, réitérant son appel à la libération de l'intellectuel chinois. Mais Tokyo, qui tente d'apaiser une vive tension autour de la souveraineté d'îlots situés entre les côtes chinoises et japonaises, Rome, qui vient de moissonner plusieurs contrats commerciaux, ou encore la Grèce, à l'économie exsangue où Pékin veut investir, se sont faits plus discrets.

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