Fidèle aux biotechnologies, Amgen s'intéresse aussi aux pays émergents

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harmacie« Depuis le rachat de Genentech par Roche, Amgen reste le seul grand laboratoire de biotechnologies indépendant », se félicite Marc de Garidel, vice-président d'Amgen pour l'Europe. De passage à Paris ce jeudi, le dirigeant a détaillé pour « La Tribune » la stratégie de son groupe. À l'heure où le secteur se diversifie à tout-va, le laboratoire californien est le seul, avec l'anglo-suédois AstraZeneca, à rester focalisé sur les médicaments de prescription.Pourtant, pas moins de 15 % de ses 15 milliards de dollars de chiffre d'affaires vont subir des pertes de brevets dans les années à venir, selon le cabinet Fitch Ratings. Notamment le best-seller Enbrel, vendu avec Wyeth aux États-Unis, contre la polyarthrite rhumatoïde dès 2012, et plusieurs EPO (contre l'anémie) en 2014. Mais cela n'inquiète pas Marc de Garidel. « Les biosimilaires [génériques de produits biotechs, Ndlr] existent en Europe depuis deux ans sans impact majeur sur nos ventes, car nous développons des médicaments de seconde génération. Et nos produits biotechs restent très complexes à fabriquer, avec des investissements de centaines de millions de dollars », dit-il. De quoi le rendre confiant dans le modèle Amgen. « La question de la diversification peut toujours être posée, mais notre pipeline de médicaments en développement nous semble solide. » Ses chercheurs travaillent sur une nouvelle indication de l'anticancéreux Vectibix (cancer du colon métastasique), dans l'optique de « déposer un dossier l'an prochain aux États-Unis et en Europe et d'obtenir une approbation début 2011 », indique-t-il. Quant à l'anticorps monoclonal Denosumab, « s'il arrive à être approuvé à la fois dans les cancers et en rhumatologie, il pourrait s'agir d'un potentiel blockbuster [médicament à plus de 1 milliard de dollars de ventes, Ndlr] ». Amgen a déposé un dossier d'approbation outre-Atlantique pour le Denosumab dans l'ostéoporose, mais l'autorité de santé américaine (FDA) a exigé de nouvelles données sur la sécurité du produit. « Nous sommes en train d'y répondre. Nous restons prudents mais espérons une mise sur le marché d'ici la fin 2010. » Car le temps presse. Vingt-neuf ans après sa création, la croissance d'Amgen n'a plus rien à voir avec celle d'une start-up. Pour 2009, les ventes seront « stables » autour de 15 milliards de dollars. Depuis plusieurs mois, « des études ont montré un effet délétère de certains de nos produits et une partie de notre croissance a été absorbée par ces pertes de revenus », indique Marc de Garidel. Les ventes de l'EPO Aranesp, premier produit d'Amgen, ont chuté de 19 % au troisième trimestre. Une filiale au MexiquePour se relancer, le laboratoire, qui tire encore 75 % de ses ventes des États-Unis, lorgne vers les pays émergents. « Nous venons d'ouvrir une filiale au Mexique et développons le Moyen-Orient. Le but est de réaliser 1 milliard de dollars de ventes dans les pays émergents d'ici 2020 », note Marc de Garidel. Ce qui ne serait qu'à peine plus de 6 % du chiffre d'affaires à ventes constantes? Interrogé sur l'éventualité d'un achat par Sanofi, évoqué en juin par « Les Échos », Marc de Garidel ne commente pas. Il ne se dit « pas non plus convaincu de l'utilité de rachats d'importance de la part d'Amgen. Nous préférons acheter de petites biotechs pour renforcer notre pipeline de médicaments en phase précoce ». AUDREY TONNELIER

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