L'affaire Madoff est très loin d'être bouclée

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Il y a un an, le 11 décembre 2008, trois mois après la chute de Lehman Brothers, la confiance dans le système financier était à nouveau ébranlée. Dénoncé par ses fils, le très respecté courtier Bernard Madoff venait d'être arrêté par le FBI et était soupçonné d'avoir monté l'escroquerie du siècle depuis le début des années 1990. Au fil des années, l'argent de ses nouveaux clients avait servi à rémunérer les anciens (un montage de Ponzi). La fraude est colossale : 65 milliards de dollars ont été engloutis de l'aveu même de « Bernie ». La sentence, tombée le 29 juin dernier, est inédite pour celui que ses victimes dépeignent comme « un monstre avide » : cent cinquante ans de prison pour « fraude de dimension extraordinaire ». Le régulateur des marchés financiers américain, la Securities and Exchange Commission, passif malgré de nombreuses alertes, a vu sa crédibilité entachée. 15.900 plaintesCertaines des victimes dénoncent, lors du procès Madoff, sa « criminelle complicit頻. L'affaire est d'autant plus retentissante qu'elle n'implique pas seulement des investisseurs américains. Des Européens se sont retrouvés embarqués dans la chute de Madoff, dont nombre de Français, institutionnels ou particuliers, via des Sicav enregistrées au Luxembourg et en Irlande. Depuis, les investisseurs floués s'impatientent. Mercredi, certains d'entre eux ont appelé le Congrès américain à modifier les lois pour une meilleure indemnisation des victimes de fraude. Le liquidateur américain, Irving Picard, qui a reçu quelque 15.900 plaintes, n'a récupéré jusqu'à présent que 1,5 milliard de dollars d'actifs, une broutille par rapport aux montants investis. En Europe, de nombreuses actions en justice ont été lancées à Paris et à Luxembourg. Mais les espoirs de recouvrer une petite partie des mises sont bien maigres.

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