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Les Vingt-Sept peinent à s'accorder avant Copenhague

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Publié le 11 décembre 2009 à 00:44 - Mis à jour le 11 décembre 2009 à 00:44

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climatDeux petits milliards : c'est ce que la présidence suédoise a tenté jeudi soir d'arracher aux Vingt-Sept pour relancer la conférence de Copenhague sur le climat. C'est bien peu au regard des 600 milliards de dollars sur vingt ans jugés nécessaires par les experts pour limiter le réchauffement de la planète à + 2 °C. Et pourtant, le déblocage de ce gage financier symbolique par le bloc économique le plus prospère du monde n'était pas gagné à l'ouverture du sommet européen qui réunit depuis jeudi à Bruxelles les chefs d'État et de gouvernement des Vingt-Sept.L'engagement proposé par la présidence suédoise porte précisément sur 2 milliards par an entre 2010 et 2012, autrement dit, pendant les trois ans qui nous séparent de l'éventuelle entrée en vigueur de l'accord en négociation à Copenhague. L'Union européenne prendrait ainsi sur ses épaules un tiers de l'effort souhaitable (21 milliards d'euros) pour amorcer la pompe pour la révolution verte mondiale. « Il serait juste que les États-Unis prennent à leur charge un quart de la charge », ajoutait hier un diplomate.gagesLes Européens espèrent ainsi donner des gages aux pays émergents et aux pays les moins avancés, alors qu'à Copenhague les discussions achoppent précisément sur la répartition du coût de la protection du climat. Depuis l'ouverture de la conférence le 7 décembre, l'opposition entre les pollueurs d'hier, responsables du changement climatique, l'Europe et les États-Unis, et les pollueurs de demain, autrement dit la Chine et les autres pays émergents, n'a fait que grandir.Ces dernières semaines, la présidence suédoise de l'Union européenne avait plaidé sans relâche pour des engagements financiers forts mais aussi pour que les Européens maintiennent leur promesse d'augmenter encore leur effort de réduction des émissions en cas de succès de la conférence. En 2006, ils se sont engagés à relever de 20 % à 30 % en 2020 par rapport à 1990 la réduction de leurs émissions de CO2. Aux yeux de Stockholm, le ralentissement de l'activité économique en 2008 et 2009 est une chance à saisir. « Le coût, pour les pays développés, de revoir leurs objectifs à la hausse, a été réduit par la crise », expliquait récemment le ministre de l'Environnement Andreas Carlgren. Pour d'autres pays, comme l'Italie et la Pologne, la mauvaise conjoncture justifie au contraire de relâcher temporairement la pression.tabouL'Union européenne a tout à perdre d'un échec des négociations de Copenhague, étant la seule puissance économique à s'être engagée sur des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre et à les avoir inscrits dans sa législation. En même temps, un accord déséquilibré, qui limiterait les engagements des pays émergents devenus ses concurrents économiques, comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, graverait dans le marbre d'un accord international un réel désavantage compétitif. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que le débat sur la taxe carbone aux frontières ait rebondi ces dernières semaines. Soupesée et parfois justifiée par les économistes, elle reste néanmoins taboue dans la négociation. « Si nous avons un résultat ambitieux à Copenhague, nous n'aurons pas besoin d'une taxe carbone », relevait hier à Bruxelles un diplomate. n

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