Yonebayashi : « On a cru, à tort, que la consommation ferait notre bonheur »
La Tribune
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La relève est assurée au sein des studios Ghibli, créés par Isao Takahata et Hayao Miyazaki (« le Voyage de Chihiro », « Ponyo sur la falaise »). Il revient aujourd'hui au jeune réalisateur Hiromasa Yonebayashi de signer le dernier film de la maison : « Arrietty, le petit monde des chapardeurs ». Une oeuvre magnifique portée par des images superbes, aux accents impressionnistes dès qu'il s'agit de représenter le ciel ou la végétation. Un film poétique et politique aussi. Car, derrière l'histoire de ces minuscules petits êtres vivant de chapardages découverts par Sho, un adolescent en convalescence à la campagne, se cachent une dénonciation de la société de consommation et une réflexion pertinente sur la survie des espèces. Yonebayashi nous en dit plus. Qu'est-ce qui vous a plu dans cette histoire ?Le scénario de monsieur Miyazaki était très visuel. Il fourmillait de détails, ce qui m'a permis d'imaginer des scènes dès la première lecture.Ces petits personnages empruntent aux humains ce dont ils ont besoin. Est-ce une alternative à la société de consommation ?Oui. On a cru à tort que la consommation ferait notre bonheur. Le mode de vie d'Arrietty, cette manière de tout recycler, tient pour moi de la sagesse et nous ouvre de nouvelles perspectives. Mais j'ai surtout voulu parler des rapports humains à travers cette histoire. Montrer l'influence des petits chapardeurs sur les hommes et vice versa. Cette thématique des relations humaines est propre à tous les films du studio. Comment avez-vous imposé votre style tout en faisant en sorte qu'« Arrietty » reste un film des studios Ghibli ?Je suis entré au studio en 1995 en qualité d'animateur et j'ai travaillé sur plusieurs films comme « Ponyo sur la falaise » où j'étais notamment chargé de la séquence des vagues. Mon style s'est mêlé à celui de monsieur Miyazaki tout naturellement.Qu'est-ce qui a été le plus difficile à réaliser ?Montrer l'évolution des sentiments entre Sho et la petite Arrietty. Ce n'est pas évident d'arriver à faire passer ça à travers l'image. Il fallait aussi raconter l'histoire du point de vue de la petite chapardeuse. Comme nous avons beaucoup de végétation autour du studio, je me suis allongé dans nos jardins et j'ai observé le monde de cette hauteur.Y a-t-il une pression à succéder à Miyazaki ?Oui. Énorme. J'essaye de ne pas y penser. Monsieur Miyazaki m'a donné deux conseils importants : communiquer avec l'équipe et réaliser un story-board très concret, d'excellente qualité, qui me permettrait de répondre à toutes les questions. Pendant la réalisation d'« Arrietty », il travaillait sur un autre projet du studio. Il n'intervenait pas mais je sentais sa présence. Propos recueillis par Yasmine You
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