Les obligations britanniques anticipent une accélération de l'inflation

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La pression monte sur les épaules de Mervyn King, le gouverneur de la Banque d'Angleterre. Inquiets des effets de la politique monétaire de l'institution, les investisseurs parient sur un rebond de l'inflation outre-Manche. La différence de rendement entre les obligations d'État britanniques à 10 ans classiques et leurs équivalentes indexées, le point mort d'inflation, a ainsi atteint vendredi dernier 3,01 %, son plus haut niveau depuis début octobre 2008.Cet écart, qui mesure l'inflation moyenne sur dix ans anticipée par le marché, s'établissait encore début décembre à 2,73 %. « On assiste à une hausse significative de l'ensemble des points morts britanniques et à un écrasement de la courbe. Le marché anticipe un retour plus rapide et plus fort de l'inflation au Royaume-Uni », souligne René Defossez, économiste chez Natixis. Négatif en début d'année, le point mort à 2 ans britannique s'établissait hier à 2,35 %, tandis que celui à 20 ans atteignait 3,61 %, contre seulement 2,46 % pour son équivalent français.Ces anticipations s'appuient notamment sur les conséquences jugées inflationnistes du plan d'assouplissement quantitatif de la Banque d'Angleterre. L'institution aura bouclé courant janvier les 200 milliards de livres d'achats d'obligations destinés à injecter des liquidités dans l'économie.Pour l'instant, la hausse des prix, qui a atteint 1,9 % en glissement annuel en novembre et devrait dépasser dès janvier l'objectif de 2 % de l'institution, est liée aux prix des matières premières et à la baisse de la livre. Selon Natixis, elle devrait revenir à 1,7 % en novembre, mais Mervyn King devra dans l'immédiat s'évertuer à calmer ces anticipations, qui pourraient conduire au renchérissement du coût d'emprunt de l'État britannique. Mais la marge de man?uvre est faible. « Il est impossible que la Banque d'Angleterre décide d'une hausse des taux lors de sa prochaine réunion du 4 février, mais elle pourrait envisager un arrêt de sa politique d'assouplissement quantitatif. Le problème, c'est que le marché de la dette britannique perdrait alors un soutien de poids », explique René Defossez. Julien Beauvieux

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