SFR riposte à Free dans la guerre des prix des Box Internet
La Tribune
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Plus qu'un combat de Box, c'est une vraie guerre des prix que se livrent les fournisseurs d'accès à Internet. Moins d'un mois après l'annonce choc par Free d'une nouvelle offre intégrant les appels illimités vers les mobiles, SFR s'aligne en le proposant à partir du 18 janvier (mardi prochain) pour 1 euro de plus qu'avant pour les abonnés à sa Neufbox Évolution haut de gamme ou en option à 3 euros pour ceux choisissant sa Box classique. Quitte à sacrifier un peu ses marges sur l'autel de la conquête commerciale. Réaction de panique pour prévenir une hémorragie de clients ? Pas du tout, assure le numéro deux français du haut débit et du mobile. Sa nouvelle Box a séduit 100.000 clients depuis son lancement le 16 novembre et le quatrième trimestre aurait été « excellent ». C'est un nouveau standard de marché qui émerge. Après le 29,90 euros pour le « triple play » Internet + TV + téléphone, enterré par le relèvement de la TVA, voici le 37,90 euros pour le « quadruple-play » incluant les appels vers les mobiles depuis la Box. Jusqu'à présent, SFR facturait 12 euros par mois l'illimité vers les mobiles ou 7 euros pour 2 heures, une option souscrite par 10 % de ses 4,8 millions de clients ADSL. Après avoir renchéri de 2 euros les forfaits pour répercuter la TVA, « c'est un cadeau que nous sommes heureux de faire à nos clients », explique Frank Cadoret, le directeur général grand public et professionnels de SFR.Préserver sa croissance L'opérateur reconnaît que cette nouveauté tarifaire va lui coûter de l'argent. Les analystes d'Oddo estiment que les appels vers les mobiles représentaient jusqu'ici un revenu moyen par abonné de 4 euros par mois. Soit près de 20 millions d'euros par mois et 230 millions d'euros par an. Seulement 58 % des clients appellent les mobiles depuis leur Neufbox, nuance Frank Cadoret : « Si cela nous coûtait si cher que cela, nous ne le proposerions pas à tout notre parc d'abonnés. Nous allons le financer grâce à la croissance », précise-t-il. Les appels vers les mobiles lui coûteront moins cher qu'à Free, dont le réseau mobile ne sera ouvert que dans un an, alors que SFR percevra les frais d'interconnexion des appels vers son réseau. La filiale de Vivendi « veut générer le plus de croissance possible. Nous sommes leaders en conquête de clients depuis deux ans, nous avons creusé l'écart avec le numéro trois (Free), nous voulons garder cette dynamique », justifie Frank Cadoret, qui est convaincu que « la concurrence va suivre ». Ses rivaux reconnaissent que « la voix est en train de devenir une commodité, elle a vocation à devenir quasi gratuite », même s'ils font tout pour retarder l'échéance. Le leader, Orange, qui avait été l'un des premiers opérateurs à inclure des appels vers les mobiles, 1 heure par mois, dans ses offres ADSL au printemps, ne cache pas qu'il « envisage de proposer des offres avec de l'illimité vers les mobiles », sans pour autant le généraliser. Quant à Bouygues Telecom, qui avait inclus 3 heures d'appels vers les mobiles au lancement de sa Bbox avant de les supprimer à la sortie de son forfait Ideo couplant deux abonnements fixe et mobile, il martèle que son offre est « la plus attractive du marché », puisqu'il n'a pas encore répercuté la hausse de TVA. Le plus petit opérateur mobile et haut débit du marché risque gros. Mais Free également, puisqu'il va « perdre le principal facteur de différenciation », relèvent les experts d'Oddo.
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