Affaire Findus : la filière craint de payer très cher une nouvelle crise de confiance

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Le scandale Findus est pris très au sérieux, parfois jusqu\'au sommet de l\'Etat. En France, comme en Roumanie ou au Royaume-Uni, les responsables politiques se sont emparés de l\'affaire conscients des conséquences d\'une nouvelle crise de confiance alimentaire pour leur filière agro-alimentaire.En Roumanie, le président de la République, Traian Basescu, est intervenu publiquement pour exprimer ses inquiétudes pour les éleveurs roumains s\'il était avéré que certains d\'entre eux ont livré de la viande de cheval en l\'étiquetant viande bovine, comme les accuse l\'importateur français Spanghero. En France, le gouvernement organise lundi une réunion de crise avec les représentants de la filière pour évoquer le scandale, mais surtout les conséquences économiques qu\'il pourrait avoir pour la filière.Une nouvelle \"vache folle\" ?La crainte est de voir un nouveau scandale sanitaire de type \"vache folle\". Entre 1995 et 1996, la baisse de consommation de viande bovine avait atteint 25% en France. Elle a été plus forte dans d\'autres pays comme l\'Allemagne ou l\'Italie. Aujourd\'hui, la crise toucherait les plats cuisinés, ces produits transformés issus d\'une filière qui va de l\'éleveur aux usines en touchant transporteurs et distributeurs. Le secteur de l\'agroalimentaire est un des plus importants pourvoyeurs d\'emplois en France avec plus de 517 000 salariés d\'après l\'INSEE. Or, un scandale de sécurité alimentaire jetterait le doute sur la filière et ses exportations. Le Japon vient à peine d\'autoriser les importations de viande bovine française après 12 ans d\'embargo en raison de la crise de la \"vache folle\" qui avait jeté le doute sur les viandes européennes.Une nouvelle crise à un mauvais moment\"C\'est une crise grave, qui arrive à un moment où les Français sont déjà très critiques sur ce qu\'ils ont dans leur assiette, et où nous faisons beaucoup d\'efforts pour améliorer la transparence\", a confié au Figaro Jean-René Buisson, président de l\'Association nationale des industriels de l\'agroalimentaire (Ania).De son côté, Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine, a appelé l\'Europe à se saisir du dossier et à engager la mise en place de procédures de traçabilité des viandes pour faire face à un \"terrorisme industriel\".Les industriels ont réagi dès ce week endSamedi et dimanche, une vingtaine de produits ont déjà été retirés des rayons en France. Lasagnes, moussaka, mais également canelloni, pâtes bolognaises, ont fait l\'objet de mesures de précaution de la part des distributeurs. Certains de ces produits ont été fabriqués à partir d\'ingrédients fournis par Comigel qui, lui-même, se fournit chez Spanghero, l\'importateur français des viandes roumaines, aujourd\'hui mises en cause.Le groupe LDC qui détient la marque de produits surgelés Marie est également inquiète même s\'il affirme ne pas être concerné par ce scandale. \"Nous cherchons à travailler avec les circuits les plus courts possibles, en privilégiant l\'origine française de la viande\" explique au Figaro, le directeur du pôle traiteur, Philippe Gélin. Mais, la crise pourrait être avant-tout une crise de confiance. Pour parer à cela, le groupe a décidé de lancer un audit de tous ses fournisseurs et abattoirs.

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