L'UE apporte à la Grèce un soutien psychologique

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Pour son véritable baptême du feu, Herman Van Rompuy aura été servi. Le Conseil européen exceptionnel convoqué jeudi, initialement consacré à la stratégie économique de l'Union européenne (UE), a débouché sur une déclaration collective de solidarité et de soutien à l'égard d'un membre de la zone euro, la Grèce. « Les États membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble », a averti le président du Conseil européen à l'issue de la réunion.Les vingt-six partenaires de la Grèce entendent donc, pour le moment, encourager les efforts du gouvernement grec et surveiller son engagement à prendre des mesures supplémentaires si nécessaire pour atteindre les objectifs définis dans son programme de stabilité et de croissance. Le gouvernement de la République hellénique veut, en effet, faire passer son déficit public de 12,7 % du PIB en 2009 à 8,7 % cette année, par un train de mesures réduisant les dépenses de l'État et augmentant les recettes, principalement en luttant contre l'évasion fiscale.De fait, la solidarité européenne est assortie d'une mise sous surveillance de facto de la Grèce. La Commission suivra attentivement la mise en oeuvre du programme de rigueur en liaison avec la Banque centrale européenne (BCE) et « proposera toutes les mesures supplémentaires nécessaires en s'appuyant sur l'expertise du Fonds monétaire international », a précisé Herman Van Rompuy, qui a confirmé par ailleurs qu'une première évaluation de la situation serait réalisée en mars.calmer les marchésL'Union européenne avait pour premier objectif de calmer les marchés financiers, qui testent depuis plusieurs semaines la volonté politique, et le cas échéant économique, des pays de la zone euro, en particulier la France et l'Allemagne, de soutenir un membre de la zone euro en difficulté. Visiblement, ils attendent davantage, les Bourses européennes étaient orientées à la baisse. Sur le marché des changes, l'euro se dépréciait après la tenue du Conseil, touchant 1,3616 dollar. Le 5 février, il avait atteint un plus-bas de neuf mois, à 1,3586 dollar. De fait, les marchés attendent autre chose qu'une déclaration d'intention pour résoudre l'équation grecque. Ils doutent toujours qu'Athènes n'atteigne ses objectifs ambitieux. « Le sauvetage d'un pays de l'UEM [Union économique et monétaire, Ndlr] par un autre membre de l'UE ou par la BCE ne va pas de soi. Il est interdit par les traités précisément pour donner de la crédibilité aux pactes de stabilité et de croissance. Il y a un problème d'aléa moral : on aide le passager clandestin pour sa conduite passée et on donne un mauvais signal aux futurs membres de l'UEM », souligne Bruno Cavalier, analyste chez Oddo Securities. Si les dispositifs concrets sont pratiquement prêts pour agir si besoin, il reste à « affiner » les détails, a indiqué Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe. Ils devraient être connus mardi. ? (lire aussi P. 27)

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