La Tunisie souffre aussi de la crise européenne !

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Quel bilan faire de la visite du Président François Hollande en Tunisie ? Cette visite a-t-elle réussi à rétablir les relations de confiance mises à mal par les propos de Michèle Alliot-Marie, l\'ancienne ministre des Affaires étrangères, en pleine révolution tunisienne et par une attitude pour le moins attentiste de la part des autorités françaises après le départ du président déchu ? Surtout cette visite parviendra -t-elle à relancer une coopération économique dans un contexte marqué par la crise et l\'incertitude des deux côtés de la Méditerranée ? Ce sont les questions que nous sommes en droit de poser après une visite de deux jours du Président français en Tunisie.Tous les observateurs s\'accordent à dire que cette visite, les discussions et les échanges que le Président français a eu en Tunisie ont contribué à l\'ouverture d\'une nouvelle page dans les relations entre la Tunisie post-révolutionnaire et la France. Le Président français a tenu à rassurer ses interlocuteurs tunisiens sur le soutien de son pays à la transition en cours. Il a notamment souligné devant les députés de l\'Assemblée nationale constituante que « la France éprouve de l\'admiration pour l\'expérience de transition démocratique en Tunisie, et se tient prête à rebâtir avec elle des relations plus solides et plus diversifiées ».La stratégie de diversification des échanges n\'a pas fonctionnéParallèlement à cette volonté de part et d\'autre à rétablir le dialogue et la confiance, cette visite a réussi à remettre l\'accent sur le caractère stratégique des relations entre les deux pays. Il faut rappeler qu\'après la révolution, plusieurs voix se sont élevés en Tunisie pour appeler pour certains à diversifier les relations extérieures de la Tunisie et voir même, pour d\'autres, à sortir de la mainmise de l\'ancienne puissance coloniale. De nouveaux modèles de solidarité ont même été évoqués pour remplacer les relations privilégiées avec l\'Europe. Or, ces appels politiques et les va et vient incessants d\'hommes d\'affaires d\'autres régions, sont restés lettres mortes et n\'ont pas réussi à établir de nouveaux courants majeurs d\'échanges ou d\'importants flux d\'investissements. Des limites qui sont venues rappeler le poids lourd des structures et de l\'histoire dans les relations économiques et remettre en avant le caractère stratégique des relations entre la France et la Tunisie.Un pas en avant vers davantage de coopérationL\'importance du volet économique dans les relations entre les deux pays a été illustrée par une forte présence d\'hommes d\'affaires français dans la délégation du Président Hollande et par la part accordé aux questions économiques dans le programme de la visite. Le point d\'orgue de ces échanges économiques a été la rencontre entre les deux Présidents et la communauté des hommes d\'affaires tunisiens et français. Plusieurs accords de coopération ont été signés et une nouvelle perspective semble s\'ouvrir pour renforcer la coopération entre les deux pays. L\'annonce la plus attendue par les tunisiens était celle de la conversion de la dette bilatérale en investissements. Les allemands l\'avaient fait plus rapidement après la révolution et on attendait un geste de la part de la France dans ce domaine. Le Président français a annoncé la conversion de 500 millions d\'euros de dettes françaises sous forme d\'investissements. Et, même si on s\'attendait à ce que la conversion concerne une part plus importante de la dette bilatérale, cette décision constitue un pas en avant.La crise européenne impacte l\'économie tunisienneMais, au-delà de l\'aide, ce qui pèse le plus sur la situation économique en Tunisie, c\'est la morosité de la situation économique dans toute l\'Europe et particulièrement en France. Le secteur exportateur en Tunisie, y compris les entreprises françaises qui y sont installées, tourne au ralenti. Certaines entreprises ont cessé leurs activités et pour d\'autres les carnets de commande sont désespérément faibles. Certes, les activités exportatrices et les flux d\'investissements à destination de la Tunisie souffrent aussi de l\'incertitude politique et de l\'insécurité dont les gouvernements successifs ne parviennent pas à réduire l\'ampleur.Il n\'empêche: l\'impact de la récession européenne et des politiques de stabilisation n\'a jamais été aussi fort et elles ont lourdement pesé sur une économie ouverte et fortement liée à l\'Europe comme la Tunisie. Les accords signés lors de la visite de François Hollande en Tunisie et les nouvelles perspectives de coopération économiques ouvertes entre les deux pays contribueront à relancer la croissance. Mais, c\'est le retour de la croissance en Europe qui sera le principal allié des transitions en cours en Tunisie et dans les pays du printemps arabe !  

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