La publicité en ligne retrouve des couleurs
La Tribune
La Tribune
Après une année 2009 difficile, l'espoir est à nouveau permis dans la publicité en ligne. Cette année, le marché français devrait croître de 8 % pour atteindre 2,28 milliards d'euros selon l'étude semestrielle de Capgemini Consulting réalisée pour le Syndicat des Régies Internet et de l'Udecam, qui représente les agences médias. Bonne nouvelle, il n'y a pas que Google, qui devrait profiter de ce regain d'intérêt des annonceurs. La vidéo, les opérations spéciales - ces campagnes de communication sur mesure vendues aux annonceurs - et surtout l'arrivée des opérateurs de paris sportifs en ligne, dont les dépenses sur le Web pourraient atteindre 50 millions d'euros en 2010, devraient soutenir la publicité classique sur Internet. Ce segment de la publicité, dont les sites de médias tentent de vivre, avait reculé de 6 % l'an passé. Des incertitudes demeurent sur la rentrée compte tenu d'une conjoncture globale toujours difficile. Mais déjà, le début d'année a montré un début de rééquilibrage entre Google et les sites médias, les annonceurs ayant gagné en maturité, et répartissant un peu mieux leurs dépenses entre les deux canaux. La publicité classique est repartie à la hausse, avec une croissance du chiffre d'affaires de 8 % sur les 6 premiers mois de l'année à 260 millions d'euros. Les liens sponsorisés, - ces liens commerciaux qui apparaissent en haut des pages de recherche et dont Google draine au moins 90 % du marché -, progressent au même rythme de 8 % à 430 millions d'euros (après une hausse de 10 % en 2009). Investissement durableParmi les signes positifs, « on constate une pénurie d'inventaire [d'espaces disponibles] dans la catch-up [télévision de rattrapage]. Le potentiel de la vidéo est fort, car les annonceurs l'assimilent au média tél頻, note Jérome Bourgeais de Capgemini Consulting. Dans la vidéo, les prix sont donc plus élevés que les bannières classiques, tandis qu'émergent de nouveaux critères de tarification comme la durée d'exposition. « La vraie tendance, c'est l'investissement durable de la part annonceurs. La tension sur les prix s'est aussi un peu calmée », a indiqué Olivier Marcheteau, à la tête de la division grand public de Microsoft France. De bonnes nouvelles qui ne masquent pas des problèmes de fond qui demeurent. Le paiement des campagnes « à la performance », en fonction des clics effectués par les internautes sur les bannières, et qui tire les prix vers le bas, représente toujours 20 % de la publicité classique sur le Net. Pour mémoire, c'est Google qui a imposé ce modèle au marché, mais lui peut compenser par les volumes. « Au niveau des prix, le rapport est depuis dix ans de 1 à 10 entre le Net et les médias classiques », rappelle le patron d'une agence médias. Considéré comme très prometteur, le mobile reste pour l'instant marginal, avec un chiffre d'affaires de 13 millions d'euros au premier semestre, en hausse de 30 %. Quant à l'iPad et autres tablettes, que les sites de presse voient comme le messie, le marché est encore embryonnaire en France. « On prévoit seulement 400 à 500.000 tablettes cette année », rappelle Dominique Delport, président de l'Udecam. D'autant que les projets d'Apple dans la publicité en ligne ne sont pas sans inquiéter le marché.
La Tribune