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Tests de grossesse en grandes surfaces ? Grosse polémique en perspective

La Tribune

Publié le 11 septembre 2013 à 21:02 - Mis à jour le 11 septembre 2013 à 21:02

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18 juillet 2026

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« Rétablir une forme d\'égalité des armes entre consommateurs et professionnels », tel est l\'objectif affiché du projet de loi Hamon sur la consommation discuté depuis mardi et jusqu\'à vendredi au Sénat, après avoir été adopté par l\'Assemblée nationale le 3 juillet. Outre l\'instauration de l\'action de groupe - mesure phare du texte - un amendement introduit un bel exemple de la volonté de faire baisser les prix en rééquilibrant les rapports de force en faveur des consommateurs : celui sur les tests de grossesse.Benoît Hamon a d\'ailleurs écumé les micros de radios nationales ce mercredi pour expliquer le texte et a notamment fait une sortie remarquée sur cet amendement. Il a annoncé sur RMC que le gouvernement s\'apprête à émettre un « avis favorable » sur l\'amendement visant à étendre la vente des tests de grossesse et d\'ovulation hors des pharmacies. « Nous voulons agir dans tous les domaines où nous considérons qu\'il existe une forme de rente économique » qui maintient la « clientèle captive », a indiqué le ministre délégué à l\'Economie sociale et solidaire et à la Consommation. Bientôt soutenu par la ministre des Droits des femmes et porte parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem, qui s\'est empressé de publier un billet sur son blog dans lequel elle défend l\'amendement. Selon elle, permettre aux supermarchés, hypermarchés de vendre des tests de grossesse serait « une avancée pour notre santé publique. De cette ouverture on peut attendre légitimement une baisse des prix et un accès plus aisé à ces produits médicaux ».Le Planning familial pour la vente de tests en grandes surfacesL\'intérêt principal de cet élargissement des canaux de distribution serait bel et bien de faire diminuer le prix d\'achat. A l\'heure actuelle, un test coûte en moyenne 8 à 10 euros. Ils sont vendus uniquement en pharmacie, et leur prix varient largement des unes aux autres.Depuis ce mardi matin, les réactions s\'enchainent. D\'un côté, le Planning Familial soutient le projet : « Pour les femmes, c\'est important d\'avoir facilement accès aux tests, la vente en supermarché renforcerait leur autonomie, elles auraient potentiellement accès aux tests sur des plages horaires plus étendues, c\'est donc une bonne chose » juge Véronique Séhier, co-présidente du Planning familial depuis février dernier. Par contre, comme Najat Vallaud-Belkacem, elle rappelle que l\'information des consommatrices est essentielle. « La vente doit se faire dans de bonnes conditions, c\'est-à-dire qu\'une notice claire doit rappeler aux jeunes filles qu\'il faut respecter un délai de 15 jours entre le rapport à risque et le test » poursuit-elle.Le conseil, c\'est justement l\'argument des pharmaciens pour s\'opposer à ce projet. Eux sont -sans surprise- furieux à l\'idée de devoir partager la vente de ces tests avec les grandes surfaces. « Ce que le ministre n\'a absolument pas compris, c\'est ce qui ce passe dans une officine » s\'est insurgé le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques Philippe Gaertner sur France Info. « Si le produit est cherché en grande surface, les choses seront complètement différentes, car le conseil de la pilule du lendemain, si on attend, on va passer au-delà des délais » a-t-il expliqué, regrettant que la profession n\'ait pas été consultée. « En fait, le débat est un peu le même que lorsque les grandes surfaces ont obtenu l\'autorisation de vendre des préservatifs, alors qu\'ils ne l\'étaient qu\'en pharmacie auparavant » souligne Véronique Séhier.\"Une manne stratégique pour la pharmacie\"L\'argument de conseil et de l\'accompagnement semble en effet tout à fait recevable. Mais il y a une autre raison pour laquelle les pharmaciens veulent conserver ce monopôle, économique celle là.Le marché des tests de grosses représentait un potentiel de chiffre d\'affaires de 37.275.000 euros pour 4 916 900 unités vendues entre mars 2011 et mars 2012, selon IMS Health. Les tests de grossesse, c\'est 76% du marché des produits pour femmes enceintes, d\'après le spécialiste des statistiques des produits de santé Ospharm. « Ce marché est ni plus ni moins une manne stratégique pour la pharmacie. D\'abord parce-que les tests sont très peu onéreux à l\'achat pour les officinaux - d\'où de belles marges potentielles. Ensuite parce-que le circuit est le seul sur le créneau » pouvait-on lire dans un dossier spécial sur le sujet publié à l\'été 2012 dans la revue spécialisée « Pharmacien manager ».Un monopole logiquement dénoncé par l\'UFC Que Choisir ces derniers jours. « Nous sommes favorables à libéralisation de l\'ensemble du secteur des médicaments en auto-prescription » a déclaré ce matin Alain Bazot, président de l\'association de consommateurs aurpès de l\'Agence France Presse. Il regrette même que le gouvernement « aborde le sujet de l\'accès de tous aux médicaments par le petit bout de la lorgnette ». L\'UFC estime en effet qu\' « une économie de 269 millions d\'euros par an pourrait être réalisée par les consommateurs sur les médicaments sans ordonnance, qui représentent 1,7 milliards d\'euros par an, si les officines perdaient leur monopole ».La Belgique l\'a autorisé depuis longtempsSur ce point, Benoit Hamon a été très clair ce mercredi matin, expliquant que malgré le débat sur les tests de grossesse, il n\'était pas pour autant question de remettre en cause le monopole de la vente de l\'ensemble des autres médicaments par des officines spécialisées, et rappelant l\'importance du conseil prodigué par les pharmaciens.Si le texte est voté au Sénat vendredi, après avoir déjà été adopté par les députés en juillet, les Français pourraient bientôt acheter des tests de grossesse et d\'ovulation en grande surface… comme le font déjà depuis pas mal d\'années les Belges. La vente de ces produits dans les rayons paramédicaux des grandes surfaces est en effet autorisée en Belgique.

La Tribune

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