Chez Morgan Stanley, John Mack cède sa place à son numéro 2
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queLorsque vous contemplez les abysses, cela vous métamorphose », a récemment confié à l'un de ses lieutenants John Mack, le PDG de Morgan Stanley. Le 1er janvier prochain, il cédera son poste de directeur général à son coprésident, James Gorman, responsable des activités de courtage. Il laissera derrière lui un bilan contrasté.Nommé PDG en 2005 et venant de Crédit Suisse où il fut nommé « Mack the Knife » pour avoir restructuré la banque, Mack a permis à l'établissement de se redresser après la gestion contestée de son prédécesseur, Philip Purcell. Et en 2008, il a sauvé Morgan Stanley de la faillite en négociant le soutien du japonais Mitsubishi puis du Trésor américain, qui ont respectivement injecté 10 et 9 milliards de dollars dans la banque. Mais après avoir tardé à identifier l'ampleur de la crise des « subprime », John Mack, devenu très prudent, n'a pas su profiter des opportunités offertes par le récent rebond des marchés financiers.toujours pas de profitWall Street anticipait ce départ. à l'approche de ses 65 ans, Mack en aurait averti voilà dix-huit mois son conseil d'administration, qu'il continuera néanmoins à présider pendant « au moins » deux ans. Alors que Morgan Stanley est la seule grande banque de Wall Street à ne pas avoir renoué avec les profits, certains analystes ne le regretteront pas. Chez Rochdale Securities, Richard Bove juge que sous la présidence de Mack, Morgan Stanley « s'est renforcé dans l'immobilier au mauvais moment du cycle » pour ensuite « se retirer des marchés de façon bien trop prononcée ».En juillet, Morgan Stanley a publié sa troisième perte trimestrielle consécutive ? inscrite à 1,26 milliard de dollars ? alors que ses rivales ont annoncé un net redressement de leurs comptes. La prudence de John Mack a pesé sur la performance de Morgan Stanley. Au trimestre dernier, les revenus réalisés par Goldman Sachs dans le trading sur les marchés de taux fixe se sont élevés à 6,8 milliards de dollars contre 973 millions de dollars pour Morgan Stanley. Les investisseurs notent aussi que, depuis qu'il a pris les rênes en juin 2005, l'action a chuté de 34 % tandis que celle de Goldman Sachs s'est envolée de 70 %.John Mack ne tarit pas d'éloge sur son successeur. « James a presque triplé le bénéfice opérationnel de notre activité de gestion de fortune en à peine trois ans, et a aidé à faire aboutir la coentreprise Smith Barney ? une transaction qui change la donne et qui va jouer un rôle clé pour la croissance et la rentabilité à venir de la banque », a affirmé le responsable en annonçant son départ. À Wall Street, les sceptiques craignent que Morgan Stanley commette la même erreur qu'avec Philip Purcell : confier la direction à un responsable qui a certes fait ses preuves dans des activités de détail ? sa division affiche la meilleure performance au sein de l'établissement ? mais n'a pas l'expertise nécessaire pour gérer un groupe aux activités si diversifiées.
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