Le SPD espère profiter du duel télévisé Merkel-Steinmeier
La Tribune
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AllemagneC'est un des points culminants d'une campagne électorale allemande qui n'en aura guère eu. Demain soir, la chancelière Angela Merkel sera opposée à son rival social-démocrate Frank-Walter Steinmeier. Les quatre principales chaînes du pays diffuseront ce duel de 90 minutes qui pourrait être suivi par quelque 20 millions de téléspectateurs. L'exercice donnera lieu, à peine les dernières paroles prononcées, à une batterie d'études afin de désigner un vainqueur. Pour le candidat du SPD, cette soirée pourrait être celle de la dernière chance. Malgré ses 15 points de retard dans les sondages, il espère encore faire basculer l'immense masse des indécis (estimée à près de 40 % de l'électorat) de son côté et renouveler le tour de force de Gerhard Schröder en 2005. Cette année-là, l'ancien chancelier avait réalisé une bonne prestation dans le débat face à Angela Merkel et le SPD avait alors commencé à combler son large retard pour finir, le soir du scrutin, au niveau de la CDU et de sa s?ur bavaroise, la CSU.Cette fois, cependant, la chancelière sortante est Angela Merkel. Forte de son expérience d'il y a quatre ans, elle tentera de maintenir son style « de femme d'État sérieuse et au travail » qui lui a parfaitement réussi jusqu'ici. La reprise d'Opel par Magna annoncée jeudi joue en sa faveur, mais la polémique autour de la présence allemande en Afghanistan, au début de la semaine, l'a fragilisée. Du reste, les points faibles de la chancelière ne manquent pas : son projet reste assez vague et velléitaire, par exemple sur les baisses d'impôts. Quant aux relations avec les libéraux, ses alliés déclarés, elles sont très tendues. Frank-Walter Steinmeier parviendra-t-il à en profiter ?Un candidat trop platRien n'est moins sûr. Peu offensif et peu charismatique, il a peiné jusqu'ici à attaquer la politique d'Angela Merkel dont il est le vice-chancelier. Il a d'ailleurs déjà prévenu qu'il ne souhaitait pas de « confrontations dures » avec la chancelière dimanche soir. Cette dernière n'en demande sans doute pas tant, le statu quo jouant en sa faveur. Quant aux téléspectateurs, ils risquent encore d'éprouver un sentiment qu'ils connaissent bien depuis le début de cette campagne : l'ennui.Romaric Godin, à Francfort
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