Les jeunes sous haute surveillance
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Comme à chaque fois qu'ils prennent part à un mouvement, les jeunes vont être observés de près. Leur participation effraie toujours les gouvernements qui, échaudés par de nombreux précédents (CPE, réforme du lycée, etc.), savent par expérience qu'elle peut leur échapper. Le fait que 80 lycées se soient mobilisés la semaine dernière a donc commencé à inquiéter, même s'ils ne pèsent que 2 % des 4.302 lycées que compte la France, comme ne cesse de se rassurer le ministre de l'Éducation nationale. Autre critique, la manipulation des lycéens par des « groupuscules, souvent d'extrême gauche ». Le ministre du Travail, Éric Woerth, a ainsi qualifié lundi de « totalement irresponsables » ceux qui appellent à la mobilisation des jeunes, épinglant les Verts, le Parti socialiste, le NPA et l'extrême gauche. Même le président de l'Unef (première organisation étudiante), Jean-Baptiste Prévost, n'a pas exclu sur Europe 1 une instrumentalisation...Il est vrai que ce ne sont pas les « Jeunes pop » qui sont à la manoeuvre. Le président des jeunes UMP, Benjamin Lancar, estime, dans un point de vue publié mardi dans « Les Échos », que « cette réforme est juste parce qu'elle protège la jeunesse ». Mais, explique Massira Baradji, le président de la FIDL (deuxième organisation lycéenne), les lycéens ont réellement pris conscience que la réforme les touche directement, a fortiori ceux en voie professionnelle, qui se destinent à des métiers plus pénibles?: « Alors que les jeunes entrent plus tard dans la vie active, ils ont compris qu'ils allaient devoir cotiser plus longtemps. Nous n'avons été contactés par aucun groupuscule. Nous sommes très concernés. » Selon lui, 85 % des lycées devraient être touchés ce mardi.C'est l'argument développé par le collectif « La retraite, une affaire de jeunes », lancé en avril (« La Tribune » du 30 avril 2010) qui regroupe 22 organisations de jeunes. Défendant la retraite à 60 ans, ils estiment être « les grands oubliés d'un débat qui les concerne ». L'Unef, qui invite les étudiants à « inscrire leur mouvement dans la durée aux côtés des salariés » évoque une « double peine », estimant à « 1 million le nombre d'emplois qui ne seront pas libérés sur le marché du travail d'ici à 2016 avec le report de l'âge légal de départ à 62 ans ». Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l'enseignement supérieur et à la recherche, note, lui, que « la question des retraites commence à interférer dans le choix des jeunes vis-à-vis de leur poursuite d'études ». Quoi qu'il en soit, la crainte du gouvernement, où l'on parle de « vigilance », est aujourd'hui réelle. Du coup, les responsables politiques n'auront jamais autant répété que ces jours-ci que cette réforme est celle des jeunes. Clarisse Jay
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