La stratégie économique de l'exécutif en question

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C'est ce vendredi que l'Insee dévoile sa première estimation de la croissance au troisième trimestre. Après les + 0,2 % et 0,7 % observés lors des deux premiers trimestres, celle-ci approcherait 0,4 % si l'on se réfère aux dernières prévisions de l'Institut. Au-delà de ce chiffre, comment se porte l'économie tricolore ? Patrick Jacq, chez BNP Paribas, estime que ces performances « surprennent agréablement les marchés ». Sans être affolantes, les dernières statistiques témoignent d'une reprise de l'activité, même si les stigmates de la crise restent visibles. Alors que le taux de chômage reste élevé (9,7 %), la consommation résiste, l'investissement redémarre et les exportations progressent. « L'économie a créé près de 60.000 emplois depuis janvier », précise le projet de loi de finances 2011 (PLF). C'est dans ce contexte que le gouvernement a inversé sa stratégie économique. Au plan de relance, qui a permis d'amortir la crise, succède une politique budgétaire plus restrictive destinée à assainir les finances publiques. Les soutiens à l'économie ne sont pas tous supprimés dans le PLF. Ils sont juste moins nombreux, sélectionnés selon le critère suivant : leur capacité à augmenter la croissance potentielle. Via le maintien du crédit d'impôt recherche et les dépenses d'avenir financées par le grand emprunt, la priorité est donnée à la recherche et à l'innovation. Selon le PLF, cet emprunt est « susceptible de redresser la croissance annuelle moyenne sur la prochaine décennie de près de + 0,3 % ». Les réformes engagées ont aussi un effet d'entraînement. C'est le cas de celle des retraites, dont la contribution à la croissance serait équivalente à celle du grand emprunt en stimulant « l'offre de travail et, par effet d'entraînement, de capital ».Les économistes apprécient moyennement ce revirement. Tout en ironisant sur le nombre de leviers toujours en vigueur, Mathilde Lemoine, chez HSBC France, estime néanmoins que « la réforme de la taxe professionnelle aura un réel effet sur les marges et l'investissement des entreprises en 2011 ». Idem pour le grand emprunt. « En outre, parce que la politique monétaire accommodante fonctionne, la fin de la relance est plutôt justifiée », estime-t-elle. Un taux de chômage élevéA l'OFCE, la charge est un peu plus vive. « Le resserrement de la politique budgétaire réduira rapidement les déficits publics. Mais l'impact de cette diminution du déficit sur la croissance sera important et immédiat : il infléchira les anticipations de croissance future, ce qui pèsera en retour sur les finances publiques, annulant en partie l'effet bénéfique initial. Il aura également comme effet une persistance du chômage à un niveau élevé », redoute Eric Heyer, qui évalue à 1,3 point de PIB l'impulsion négative de cette politique restrictive en 2011. Reste une certitude, la santé de l'économie française ne dépend pas que de la stratégie du gouvernement. « Actuellement, la plus grosse incertitude concerne le niveau de l'euro face au dollar. Au-dessus de 1,20 dollar pour 1 euro, celle-ci est bridée », résume Dominique Barbet, chez BNP Paribas. Il s'élevait mardi à 1,37.

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