L'image de la France s'améliore

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Une même réalité, trois perceptions différentes? La situation économique et sociale française, qui fait l'objet d'une journée de réflexion, « les états de la France », organisée aujourd'hui au Sénat par les entreprises étrangères présentes dans l'Hexagone, en partenariat avec l'Insead et « La Tribune », change selon le prisme adopté. Et les plus critiques ne sont pas ceux que l'on imagine. Les dirigeants de filiales françaises de grands groupes internationaux font montre d'un enthousiasme croissant (cf. les interviews ci-contre). Les correspondants de la presse étrangère apprécient les réformes en cours. En revanche, les Français, interrogés par TNS et Logica pour les « états de la France » affichent un pessimisme grandissant, selon un sondage publié en exclusivité par « La Tribune ».Les dirigeants d'entreprises étrangères qui disposent de filiales en France relèvent d'abord le dynamisme d'un pays qui veut aller de l'avant, innovant, qui dispose d'une main-d'?uvre bien formée et d'infrastructures de qualité, et dont la démographie toujours vigoureuse lui assure dans la durée une situation relative favorable. Pour eux, la faiblesse de la croissance française n'est pas un problème. Ce pays riche et bien doté a quitté ses habits archaïques pour un costume bien de son temps.Or, quand on interroge les Français sur le terme qui décrit le mieux leur état d'esprit, ils citent d'abord le mot « méfiance » (pour 51 % d'entre eux). Vient ensuite l'idée de « lassitude », citée par 27 %. En outre, pour la grande majorité d'entre eux (64 %), il existe un doute profond sur la possibilité d'une amélioration rapide de la situation économique et sociale. Ils estiment que la crise est loin d'être passée, et même que « le pire est à venir ». Le système capitaliste?? On ne sera guère surpris?: ils ne l'aiment guère. La moitié des Français souhaitent une réforme en profondeur de son fonctionnement. Mais ils ne sont que 8 % à penser que sa remise en cause aura lieu, tandis que 43 % estiment qu'aucune réforme ne sera menée à son terme, et 36 % ne s'attendent qu'à des changements à la marge.mauvaise directionOn est donc loin de la prise de conscience d'un leadership français dans les initiatives de réforme, telle que l'attestent les groupes étrangers. Les Français doutent d'eux-mêmes et de leurs dirigeants?: ils ne sont pas plus de 27 % à estimer que, face à la crise, le gouvernement « agit dans la bonne direction. »Comment comprendre cette morosité du regard alors que, si l'on en croit le témoignage des groupes étrangers, la France est un des pays qui s'en sort le mieux?? Peu enclins à regarder vers l'extérieur, les Français pansent leurs plaies, convaincus qu'ils sont les seuls à en avoir. Résultat, tout se passe comme si les uns et les autres ne parlaient pas du même pays.

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