Le dollar et la livre dans la ligne de mire des spéculateurs

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changesCombien de fois aura-t-on entendu l'antienne ces dernières années?: « le dollar fort est dans l'intérêt des États-Unis ». Mercredi, c'est de Tokyo, lors d'une étape avant le sommet de l'Apec à Singapour, que le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, a de nouveau entonné le refrain. Comme pour tenter d'exorciser le diagnostic fait en début de semaine par le FMI, selon lequel le dollar était encore surévalué et qui avait envoyé le billet vert au tapis. Mais il a fait chou blanc. Hier, l'indice pondéré du dollar par rapport aux monnaies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis est tombé à un nouveau plancher de quinze mois, tandis que la monnaie américaine se rapprochait de son plus faible cours face à l'euro depuis août 2008, atteint le 26 octobre dernier à 1,5065. Des paroles qui tournent au leitmotiv n'ont pas le pouvoir d'infléchir la détermination des acteurs du marché des changes à profiter des écarts de rendements entre les monnaies mondiales, dont le dollar est la moins attractive et pourrait le rester tout au long de 2010, si la Fed maintient ses taux à un niveau voisin de zéro.La livre sterling est, elle aussi, restée sur la sellette mercredi, après la publication du rapport trimestriel de la Banque d'Angleterre sur l'inflation dans lequel elle prévient que la reprise de l'économie britannique reste « hautement incertaine ». La veille, les opérateurs sur le sterling avaient déjà dû digérer la sévère mise en garde de l'agence de notation Fitch, décrétant que le Royaume-Uni avait plus de risque que les trois autres pays (États-Unis, Allemagne et France) de perdre son prestigieux triple A, en raison du déficit « démesur頻 de ses finances publiques, qui atteint 12,4 % du PIB. Sa concurrente Standard & Poor's avait déjà fait sensation en mai en dégradant de stable à négative la perspective associée à la note souveraine de la Grande-Bretagne. La livre a d'autant plus accusé le coup, refluant jusqu'à 1,6575 dollar, que le gouverneur de la vieille dame de Londres a estimé que sa faiblesse devrait contribuer au rééquilibrage de l'économie d'Albion. Autre argument défavorable à la livre?: Mervyn King n'a pas non plus renoncé à accroitre une nouvelle fois le programme d'assouplissement quantitatif de la banque centrale qu'il dirige, après avoir porté de 175 à 200 milliards de livres ses rachats de titres de la dette publique britannique la semaine dernière. Selon une enquête Bloomberg auprès de 1.558 investisseurs, jamais depuis avril le pessimisme sur l'avenir de la livre n'a été aussi élevé. n200 milliards de livres : c'est le nouveau montant de rachat de titres de la dette publique britannique.

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