Logement  : budget en hausse et nouveaux défis à relever

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Alors que les députés sont appelés aujourd'hui à examiner le budget du logement pour 2010, la politique du logement est confrontée à de nouveaux défis. La crise du logement a été ravivée par le retournement du marché immobilier. Les mises en chantier sont tombées de 415.000 en septembre 2008 à 326.000 en septembre 2009, les promoteurs immobiliers craignant de ne pas trouver d'acheteurs, un temps tétanisés par la crise financière. Or 270.000 ménages de plus arrivent chaque année sur un marché qui accuse déjà un déficit évalué à 800.000 logements.Les tensions ne sont toutefois pas uniformes. « De nouveaux enjeux sont apparus en raison de la segmentation des territoires, dont certains comme l'Île-de-France connaissent un déficit criant ; du vieillissement de la population, qui entraîne au même titre que les divorces, une démultiplication des besoins en logement ; et du défi des économies d'énergie », relève Sabine Baïetto-Beysson, directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (Anah). « Bâtir des logements là où en a le plus besoin », c'est le maître mot du nouveau secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, qui veut faire passer le nombre de logements construits dans les zones les plus tendues de 25 % en 2009 à 35 % en 2010.L'inadéquation entre l'offre et les besoins est, de fait, flagrante : « Entre 1998 et 2006, la construction de logements neufs par tranche de 1.000 habitants s'est établie à 28 pour l'Île-de-France, 48 pour le Limousin et 78 pour la Bretagne », a rappelé Michel Godet, professeur au Cnam, lors des derniers entretiens de l'Anah. Les anciens dispositifs fiscaux Robien-Borloo ont été recentrés car les promoteurs avaient trop construit dans des zones où les besoins étaient faibles mais où le coût du foncier leur permettait de réaliser des marges plus confortables. Problème : « C'est là où les besoins sont les plus importants que construire coûte le plus cher ! » avait rappelé le 17 septembre Thierry Repentin, président de l'Union sociale pour l'habitat, qui fédère les organismes HLM. « Construire là où sont les besoins » ne doit pas se traduire par « déshabiller Jacques pour habiller Paul », avait-il ajouté.Pour l'heure, le budget 2010 ne traduit pas une « territorialisation » plus forte de la politique du logement. « La lisibilité du marché n'est pas suffisante pour que l'on puisse couper les vivres à des régions entières et les réorienter vers les zones les plus tendues », explique Michel Piron, député UMP du Maine-et-Loire et président du Conseil national de l'habitat. Le budget logement, qui devrait s'élever à 7,1 milliards au titre des crédits de paiement (+ 6,3 %), « s'inscrit dans la continuité de 2009 qui était un budget de crise : l'effort est maintenu aussi bien sur le plan fiscal que du point de vue des aides directes », fait-il valoir. 480 millions d'euros sont, notamment, budgétés pour produire 110.000 nouveaux logements locatifs sociaux. « Ce budget a le mérite, estime Michel Mouillart, professeur à Paris X-Nanterre, de ne pas hypothéquer les dispositifs qui avaient été mis en place contre les effets de la crise, qui n'est pas terminée. La montée du chômage est devant nous, or elle accroît les difficultés des ménages pour se loger. »

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