Punir les banques

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Ce n'est pas sans une certaine fierté que Christine Lagarde a confirmé hier que 2.500 traders parisiens paieront 360 millions d'euros en vertu de la taxe de 50 % sur les bonus 2009 copiée sur celle imposée par Gordon Brown sur les banquiers de la City. La différence, c'est qu'à Londres, le rendement de la dite taxe pourrait atteindre 5, voire 6 milliards de livres, et concernera plus de 20.000 petits Mozart de la finance, dix fois plus qu'en France. S'il fallait une preuve que la place de Paris n'est qu'un confetti, la voilà. Même Éric Woerth fait mieux, avec ses 3.500 rapatriés fiscaux, qui ont rapporté au Trésor près de 700 millions d'euros. Dans l'opération punitive en cours contre les banquiers, la palme va revenir à Barack Obama, qui envisage une lourde taxation des établissements financiers concernés par le plan de sauvetage, afin de boucher un trou de 120 milliards de dollars. Au pays du capitalisme-roi, pas question de taxer les bonus des traders, piste trop facile à contourner. L'administration américaine étudie donc diverses modalités pour prélever à la source de l'activité financière des banques, voire sur le montant de leurs actifs, de façon à ce que, quel que soit le cas de figure, elles ne puissent échapper à la surtaxe. Comme dans les cas britannique et français, le timing politique de l'annonce est crucial. Toutes les banques s'apprêtent en effet à distribuer des bonus record au titre de 2009, année au cours de laquelle à l'évidence les profits ont été dopés par les soutiens publics au système bancaire. À l'approche des élections intermédiaires du 2 novembre, le président américain veut satisfaire une opinion publique très virulente contre la rente dont a bénéficié Wall Street. Une man?uvre délicate, tant elle apparaît contradictoire avec l'autre urgence de l'heure, qui est d'inciter les banques à renforcer leurs fonds propres. Plus qu'une taxe sur les bonus, c'est une politique de dissuasion massive qui est affichée par les gouvernements, afin d'obtenir des banques plus de modération dans leur politique de rémunération.pmabille@latribune.fr philippe mabille

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