Michel Barnier entame un mandat très politique

On ne tombe pas amoureux du marché intérieur », a rappelé le futur commissaire français, citant Jacques Delors, dans la profession de foi adressée aux eurodéputés. Il ne demande pas non plus aux Britanniques de l'aimer, juste de travailler avec lui sur les sujets ô combien sensibles de la régulation financière.Ceux de Bruxelles y semblent prêts. « Nous aurions évidemment préféré un commissaire britannique à un poste économique mais, vu que ce n'était pas possible, j'ai l'intention de travailler de manière constructive avec Monsieur Barnier et son équipe dans les domaines où nous sommes d'accord. Et je suis sûr qu'il y aura un débat vigoureux là où nous ne le sommes pas », explique Malcolm Harbour. Ce conservateur britannique qui pilote au Parlement la commission du Marché intérieur, coprésidera l'audition de ce soir aux côtés de sa compatriote, la travailliste Sharon Bowles, elle-même à la tête de la commission des Affaires économiques et monétaires.agenda surchargéÀ Londres, en revanche, le Français risque de se retrouver otage de la campagne électorale. Quoi qu'il fasse, le futur commissaire sait que cela sera instrumentalisé par un camp ou l'autre. « La nomination de Barnier est potentiellement un désastre pour la City de Londres, étant donné que ses propositions de réglementation feraient fuir des milliards de livres de volume d'affaires vers les États-Unis et l'Extrême-Orient », a encore écrit récemment un éditorialiste britannique. Si les torries gagnent les élections de mai, Michel Barnier devra compter avec eux au Conseil des ministres, dont il a besoin, autant que du Parlement, pour faire adopter les réformes en chantier?: supervision, dotation en fonds propres des banques, encadrement des marchés de dérivés. Ce soir, il pourra vérifier que deux camps s'opposent sur la régulation financière. La plupart des Britanniques, des Scandinaves et une partie des libéraux, estiment que l'agenda est déjà surchargé et qu'il faut s'en tenir strictement aux recommandations du G20. D'autres considèrent que le Français doit muscler son programme. « Il devra nous dire si le paquet législatif actuel comporte selon lui des lacunes. Nous considérons que la Commission ne va pas assez loin. Elle devrait se demander si l'innovation financière en soi ne doit pas être encadrée », estime le député vert français, Pascal Canfin. Pour l'instant, Michel Barnier se situe entre les deux camps, collant au plus prêt au G20, tout en annonçant de nouvelles initiatives, par exemple sur la gestion de crise. « Il faudra définir les modalités d'une régulation efficace sans pour autant créer d'entraves excessives », explique le commissaire désigné.

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