Fibre optique : les télécoms sacrifiées dans le budget européen

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Les télécoms et la fibre optique, premières victimes des coupes budgétaires européennes? Au lendemain de l’accord sur le budget 2014-2020 de l’Union conclu vendredi, c’est la déconvenue pour les acteurs du secteur. Et pour Neelie Kroes elle-même : la commissaire européenne au numérique a réagi sur son blog ce week-end, reconnaissant qu’elle était «bien sûr déçue» que les Etats membres n’aient consenti qu\'une enveloppe de 1 milliard d’euros contre les 9,2 milliards qu’elle avait proposés pour la partie numérique du «Connecting Europe Facility», le «Mécanisme pour l\'interconnexion en Europe», un nouvel instrument financier destiné à financer les réseaux européens de transport, d’énergie et de télécoms (voir page 10 de l’accord).Pas d’aide au financement des réseaux De surcroît, la commissaire relève que ces fonds ne pourront financer exclusivement que des services numériques, et non des réseaux, ce qu’elle regrette : elle avait demandé que 7 milliards soient réservés aux infrastructures à très haut débit (voir les propositions du 19 octobre 2011). Ces 9,2 milliards de crédits européens devaient produire un effet de levier sur l’investissement privé estimé à 50 voire 100 milliards d’euros. Les objectifs européens de l’Agenda numérique, à savoir le haut débit pour tous dans l’Union à l’horizon 2020, «seront maintenant plus difficiles à atteindre», admet Neelie Kroes, qui se dit déterminée à «se battre pour un marché européen plus favorable à l’investissement dans le haut débit, fixe et mobile». La commissaire souligne qu’il existe d’autres outils: elle évoque notamment la Banque européenne d’investissement, dont l’augmentation de capital de 10 milliards d’euros «apporte la promesse de nouveaux financements pour le haut débit.»Une \"opportunité manquée\" pour les opérateurs et industriels  Si les coupes sont générales, les télécoms paient un tribut particulièrement lourd : 8 milliards d’économies sur les 34 milliards de baisses globales du budget consenties sur tous les postes. L’association des opérateurs historiques européens, l’ETNO, a elle aussi exprimé sa déception lundi (voir le communiqué). Le président de ce lobby, Luigi Gambardella, considère que «cette coupe budgétaire est une opportunité manquée pour le redressement économique de l’Europe», les réseaux de nouvelle génération pouvant jouer «un rôle clé pour sortir l’Europe de la crise actuelle». Il fait valoir que le niveau d’investissements dans les réseaux fixes (24,8 milliards d’euros en 2011) devient difficile à tenir et qu’il est crucial de mettre en place une politique plus propice à l’investissement privé (comprendre alléger les contraintes sur les opérateurs). Le lobby des industriels de la fibre optique, le FTTH Council Europe, fondé entre autres par Alcatel-Lucent et Cisco, s’est également déclaré  «très déçu» de la décision du Conseil européen, estimant que celle-ci prouvait «le manque de compréhension des gouvernements européens de l’importance des réseaux à haut débit à l’épreuve du temps», à l’heure où d’autres pays mettent le turbo (Asie, Etats-Unis, Australie). L’Union européenne a «raté une opportunité importante pour l’avenir de la compétitivité de l’Europe» déplore cette organisation qui promeut le déploiement de la fibre jusqu’à l’abonné. Au risque de prendre encore plus de retard?  

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