Le sociaux-démocrates allemands disent adieu à l'héritage de Gerhard Schröder

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Presque dix ans jours pour jours après la présentation par Gerhard Schröder de son « Agenda 2010 » qui allait flexibiliser le marché du travail allemand, le candidat SPD à la chancellerie Peer Steinbrück a présenté lundi un programme qui incarne la volonté de donner un vrai coup de barre à gauche.Impôt sur les richesDurant son programme de présentation, l’ancien ministre des Finances, qui ne parvient pas à décoller dans les sondages, a prononcé pas moins de 150 fois l’adjectif « juste. » Pour créer une « nouvelle égalité sociale », le candidat social-démocrate entend d’abord relever fortement les impôts pour les plus riches. La dernière tranche d’imposition, au-delà de 100.000 euros de revenus annuels, sera ainsi taxée à hauteur de 49 %. Aujourd’hui, les revenus de plus de 250.000 euros sont taxés à hauteur de 45 %. En deçà, le taux est de 42 %. Peer Steinbrück veut également taxer les revenus du capital à 32 % contre 25 % aujourd’hui. Il a promis, enfin, de faire la chasse aux niches fiscales.Retraite à 63 ansSur la question des retraites, le SPD abandonne la fermeté à laquelle il s’était converti en 2003. Le parti qui avait porté l’allongement de l’âge de départ à 67 ans veut désormais permettre les départs « partiels » dès 60 ans et la possibilité de partir en retraite dès 63 ans. Alors même qu’une étude vient de montrer que l’âge de la retraite devrait être repoussé à 69 ans. Le SPD veut également assurer un minimum vieillesse de 850 euros par mois pour lutter contre la pauvreté des personnes âgées. Les allocations familiales seront également renforcées avec 140 euros par enfant accordé en plus à tout ménage touchant moins de 3.000 euros par mois. Enfin, Peer Steinbrück entend légiférer sur les salaires et imposer une « loi d’égalité » entre hommes et femmes.En Europe, le SPD qui se présente comme « le parti européen de l’Allemagne », entend défendre une Europe plus démocratique, luttant contre le « dumping salarial » et surtout « combattant les marchés financiers. » Peer Steinbrück a beaucoup insisté sur ce point, sans réellement convaincre sur les moyens à mettre en œuvre.Stratégie de séduction à gaucheCe programme représente donc une nette rupture avec le SPD modéré et centriste inauguré par Gerhard Schröder. Il est vrai que ce tournant avait coûté cher au SPD dont le score électoral était passé entre 1998 et 2009 de 42 % à 21 %. Parallèlement, sous l’impulsion d’Angela Merkel, la CDU s’est aussi modérée. La place du SPD s’est donc réduite. Or, l’ensemble des forces de gauche (Verts, Die Linke et SPD) est majoritaire en Allemagne dans les sondages aujourd’hui. Le SPD cherche donc à dynamiser sa campagne en puisant dans ce potentiel. Ce ne sera pas aisé. Dans l’esprit de beaucoup d’électeurs de gauche, le SPD est un parti ancien et discrédité par les années Schröder. Les Verts et Die Linke jouent encore beaucoup sur ce registre. Ce mardi, Jürgen Trittin, candidat des Verts à la chancellerie a accusé le SPD d’être à l’origine des injustices sociales issues de « l’agenda 2010. » Surtout, Peer Steinbrück ne parvient pas à convaincre. Le SPD reste, dans les sondages, crédité de 25 à 28 % des voix, à près de 15 points de la CDU. Le pari joue donc son va-tout avec ce programme.   

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