La livre pâtit du ralentissement de l'inflation en mars
La Tribune
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La livre sterling a nettement décroché ce mardi dans le sillage du repli de l'inflation et des ventes de détail britanniques. Très attendues par les cambistes, ces deux statistiques ont repoussé la perspective d'une hausse du loyer de l'argent par la Banque d'Angleterre, dont le taux directeur est bloqué depuis mars 2009 à 0,5 %. Conséquence, le principal moteur qui a porté vendredi la livre à un record de près de 15 mois de 1,6428 dollar face au billet vert a ralenti, et la monnaie britannique abandonnait 0,63 % en fin de journée, à 1,614 dollar.Face à l'euro, qui bénéficie de son côté pleinement des anticipations de remontée de taux du marché après la hausse de 1 % à 1,25 % du taux directeur de la BCE jeudi dernier, la livre s'est aussi lourdement enfoncée. Après avoir inscrit un record de vigueur de 6 mois de 0,891 livre en fin d'après-midi, propulsé par les propos volontaristes du membre du directoire Jürgen Stark, l'euro engrangeait 0,7 % en fin d'après-midi, à 0,889 livre. La monnaie unique a par ailleurs franchi temporairement le seuil de 1,45 dollar pour la première fois depuis janvier 2010, avant que l'aversion pour le risque provoqué par la crise nucléaire japonaise ne redonne du lustre aux valeurs refuge, yen et dollar en tête.Inattendu après quatre mois de hausse, le repli de l'inflation de 4,4 % à 4 % en mars a donné un peu d'air à la Banque d'Angleterre, dont l'objectif de hausse des prix est fixé à 2 %. « Le marché intègre désormais une assez faible probabilité de hausse en mai, et n'est plus vraiment convaincu que les taux vont augmenter en août », analysent les experts de Capital Economics. La baisse record de 1,9 % des ventes de détail est en outre venue souligner l'état toujours précaire de l'économie britannique, après le repli de 0,5 % du PIB au dernier trimestre 2010. Ce qui milite pour un statu quo des taux, du moins pour les « colombes » du Conseil de politique monétaire, les membres les plus complaisants avec les dérapages inflationnistes. À l'inverse, Andrew Sentance, la figure de proue des trois « faucons » que compte depuis janvier le Conseil, a annoncé dimanche qu'il avait voté en faveur d'une hausse de 0,5 % à 1 % du taux directeur lors de la dernière réunion du 7 avril.
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