Année test pour le droit individuel à la formation
La Tribune
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En 2004, lorsque le droit individuel à la formation (DIF) a été créé, le cadeau paraissait modeste. Les 20 heures accordées à chaque salarié et financées par les entreprises semblaient peu pour leur permettre d'améliorer leurs qualifications. Puis, d'année en année, les compteurs se sont mis à gonfler. A tel point qu'un salarié qui n'a jamais utilisé son DIF disposera début mai de quelque 120 heures. Reste à savoir si les salariés utiliseront ce droit. Deux facteurs devraient contribuer à accélérer le déploiement du DIF cette année. En 2004, les partenaires sociaux avaient, en effet, fixé une limite. Le compteur d'un salarié ne peut excéder 120 heures, épargnées sur six ans. Conséquence, faute d'utiliser tout ou partie de leur DIF en 2010, les salariés n'accroîtront plus leur crédit en 2011. Ils ont donc tout intérêt à demander à en bénéficier cette année. « Les salariés vont prendre conscience de ce stock. Et 120 heures, c'est beaucoup. Cela peut, par exemple, permettre d'entretenir son niveau en langue », souligne Marie-Christine Soroko, déléguée générale de la fédération de la formation professionnelle (FFP). « Il y a un effet de contagion positif : quand un salarié l'utilise, d'autres suivent », ajoute Laurence Carlinet, directrice du développement d'Agefos-PME, organisme recueillant les cotisations des entreprises et finançant des formations.Autre élément, avec l'accord de 2009 sur la formation, la transférabilité du DIF a été facilitée. Jusqu'à maintenant, un salarié qui quittait son entreprise perdait quasiment systématiquement les heures qu'il avait accumulées. Désormais, en cas de licenciement, un salarié peut en bénéficier pendant son préavis et sa période de chômage sans avoir à demander de feu vert de son entreprise comme dans le DIF classique. « Pôle emploi est très demandeur de cette mesure. Cela jouera beaucoup dans le développement prochain du DIF », note Yves Hinnekint, directeur général d'Opcalia, « concurrent » direct d'Agefos PME. Rythme exponentielEn dépit de cet environnement favorable, l'utilisation du DIF est encore loin d'être généralisée. Certes, depuis 2004, les demandes ont progressé à des rythmes exponentiels. Mais selon le bilan de la formation professionnelle annexé au budget 2010, 376 800 salariés seulement l'avaient utilisé en 2008, dans à peine plus de 20 % des entreprises. Car si, indubitablement, la connaissance du dispositif progresse chez les employeurs comme chez les salariés, bien peu encore franchissent le pas de la mise en oeuvre concrète... Agnès Laurent
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