Les entreprises peu impactées par la remontée des taux
La Tribune
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Rarement, au cours des deux dernières années, les entreprises n'avaient profité de conditions de financement aussi avantageuses sur le marché obligataire. Aujourd'hui, toute la question est maintenant de savoir dans quelles mesures le relèvement des taux d'intérêts directeurs de la BCE pourrait inciter les directions financières à revoir leur copie. Surtout si l'on considère, comme de nombreux observateurs, qu'après sa récente hausse de 25 points de base, le loyer de l'argent dans la zone euro pourrait encore s'apprécier et augmenter de 125 à 175, voire 200 points de base d'ici à la fin de l'année. Demande soutenue« Après deux années exceptionnelles en 2009 et 2010 en matière de recours aux marchés des capitaux, les levées de fonds se font plus rares depuis le début de l'année car les besoins des entreprises en financement ont diminué », note Jean-Marc Giraud, responsable des marchés des capitaux chez Société Généralecute; Générale Corporate & Investment Banking. Pour lui, cette tendance s'explique surtout par le fait que les groupes cotés « ont nettement assaini leur bilan et ont profité, l'an passé, de conditions favorables pour refinancer leur dette » et que « la reprise des fusions et acquisitions reste modérée ». Damien Girault-Husson, directeur du pôle marché primaire actions chez Crédit Suisse partage cet avis. Il ajoute que la maturité de la dette a été rallongée et que les entreprises sont assises sur des liquidités à des taux confortables. Selon eux, la perspective d'une poursuite de la hausse des taux devrait avoir peu de conséquences à la fois sur les politiques de financement des entreprises et sur leurs comptes de résultats. Damien Girault-Husson considère que la plupart d'entre elles ont déjà anticipé le phénomène, sachant que « le marché obligataire reste très liquide et très ouvert avec des taux relativement attractifs ». De con côté, Jean-Marc Giraud pense que « la demande des investisseurs pour les obligations corporate reste très soutenue et pourrait compenser en partie seulement les effets d'une poursuite de la hausse des taux d'intérêts directeurs de la BCE sur les conditions d'emprunts ». Selon lui, « les entreprises devraient assez facilement absorber une hausse de leurs frais financiers liée à un relèvement des taux sachant que l'on part de très bas ». Pour autant, elles pourraient, d'après Philippe Dischamps, responsable des activités equity-linked chez HSBC, être tentées « d'emprunter sur des durées plus courtes pour limiter leurs frais financiers » et privilégier le recours aux émissions d'obligations convertibles.
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