G7 Finances : yen faible et relance de la croissance en Europe au menu

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Les ministres des Finances et les banquiers centraux du Groupe des Sept sont réunies pour deux jours de discussions à une soixantaine de kilomètres de Londres alors que le yen a atteint son plus bas niveau depuis quatre ans et demi face au dollar, une baisse qui alimente les spéculations sur les risques de \"guerre des monnaies\". Depuis l\'annonce faite par la Bank of Japan (BoJ) le mois dernier d\'une refonte de sa politique monétaire destéinée à sortir le pays de la déflation, le Japon est dans le collimateur des pays du G7. Notamment des Etats-Unis et de l\'Allemagne.Soupçon de dévaluation compétitive du JaponAlors que le yen atteignait jeudi son plus bas depuis quatre face au dollar, Jack Lew, le secrétaire américain au Trésor, a reconnu que le Japon devait régler ses \"problèmes de croissance\" mais en s\'en tenant aux accords internationaux en vigueur qui proscrivent les dévaluations compétitives. \"Je me contenterai de renvoyer aux règles élémentaires et au fait que nous avons clairement dit que nous garderions un oeil sur la situation\", a déclaré Jack Lew à la chaîne CNBC, avant la réunion du G7. Dans le même sens, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, réputé pour être un partisan de la stabilité des prix en zone euro, a fait savoir de son côté qu\'il était important de rappeler que les pays du G20 s\'étaient engagés à ne pas améliorer leur compétitivité en manipulant les taux de change.Après la première séance de discussions, le ministre nippon des Finances, Taro Aso, a assuré que ses interlocuteurs n\'avaient exprimé aucune réserve sur la politique de Tokyo. \"Nous avons expliqué au G7 que le Japon avait pris des mesures monétaires et budgétaires audacieuses pour mettre fin à une déflation prolongée, et que le gouvernement et la Banque du Japon collaboraient étroitement\", a-t-il dit. \"Le G7 n\'a évoqué aucun problème particulier (...) Je crois que la position du Japon est de mieux en mieux comprise\", a-t-il ajouté. Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la BoJ, avait réaffirmé avant le début des discussions que la banque centrale japonaise n\'avait pas d\'objectifs en matière de taux de change.Tout le monde ne critique pas le JaponCela étant, les autres grandes puissances économiques sont dans une position délicate pour critiquer la nouvelle politique monétaire du Japon, après avoir insisté pendant des années pour que Tokyo prenne des mesures de relance de son économie.  \"Il est important que, conformément aux décisions prises précédemment par le G20 et le FMI, on ne parle pas de guerre des monnaies\", a souligné de son côté Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ajoutant que la réunion se concentrerait sur l\'harmonisation des politiques économiques. Ce alors que la politique ultra-volontariste de la BoJ a pour effet, en raison d\'un intérêt croissant des investisseurs japonais qui anticipent l\'afflux de liquidités, pour les dettes européennes. La France, par exemple, emprunte grâce à ce mouvement des investisseurs à des taux les plus bas de son histoire.Interrogations sur la relance européenneLe ministre des Finances britannique George Osborne est pour sa part soucieux de mobiliser les banques centrales en faveur de la croissance, alors que les gouvernements sont occupés eux par des politiques de forte rigueur budgétaire. Cette réunion est \"l\'occasion d\'examiner comment une politique monétaire plus volontariste peut soutenir la reprise, tout en s\'assurant que les anticipations d\'inflation restent ancrées à moyen terme\", a-t-il déclaré, ajoutant que les débats du week-end aborderaient également les thèmes de l\'évasion fiscale et de la régulation du secteur bancaire.A l\'instar de la réunion du FMI d\'avril, il est possible par ailleurs que les partenaires de l\'Allemagne la pressent d\'apporter un soutien plus net au projet d\'union bancaire en zone euro. La première étape- une supervision unique sous l\'égide de la BCE- devrait être accomplie à la mi-2014. La deuxième- un mécanisme de liquidation des banques faillies- est déjà plus floue. Quant à la troisième- un mécanisme unique de garantie des dépôts- son avenir est encore moins assuré.L\'occasion de se parler franchementLes réunions du G7, qui comprend les Etats-Unis, l\'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni, l\'Italie, la France et le Canada, sont depuis 2009 supplantées par celles du G20, devenu le rendez-vous obligé des débats internationaux sur la situation économique mondiale.Aucun communiqué ne sera en principe publié à l\'issue du week-end, et aucune décision officielle n\'est attendue de ce rendez-vous, censé préparer le sommet du G20 qui aura lieu en Russie en septembre. Certains participants jugent que cette formule peut favoriser des échanges plus francs. \"Il n\'y a aucun sujet tabou, puisque nous sommes dans un cadre informel\", a expliqué Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).

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