La grève à Air Tahiti Nui, symbole de l'effondrement du tourisme en Polynésie

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 Lancée cette semaine, en haute saison touristique, la grève des stewards et hôtesses de la compagnie aérienne Air Tahiti Nui, bloquant près de 1000 passagers traduit les difficultés de cette compagnie condamnée à poursuivre son plan de réduction de coûts, mais aussi celles du tourisme en Polynésie française, premier secteur d\'activité. La compagnie prévoit de réduire le nombre de personnels navigants commerciaux (PNC) à bord des avions en les faisant passer de 10 à 9 en raison de la reconfiguration des cabines et la suppression de la première classe. Les syndicats protestent alors que \" 35 PNC ont déjà quitté l\'entreprise en départ volontaire », a déclaré à l\'AFP Pierre Tetohu, représentant syndical du SYNACO, syndicat majoritaire chez les PNC d\'Air Tahiti Nui. La direction voudrait également supprimer le treizième mois pour réduire ses coûts. La compagnie est touchée par la cherté du prix du baril et vit sur un marché qui s\'effrite d\'années en années. Le nombre de visiteurs en Polynésie française est en effet passé de 233.326, en 2000, à 162.776, en 2011, soit le niveau de fréquentation des années 80.Accor ferme le Sofitel Tahiti Maeva BeachLes hôtels ferment les uns après les autres. Mardi, Accor a annoncé la fermeture le 30 novembre prochain du Sofitel Tahiti Maeva Beach, l\'un des hôtels les plus prestigieux de l\'archipel, après 40 ans d\'activité. L\'établissement cumule des pertes d\'environ 20 millions d\'euros. Cent cinq emplois vont être supprimés. Accor envisage des reclassements dans d\'autres hôtels de Polynésie.Il s\'agit de la onzième fermeture d\'hôtel en 5 ans, selon le service du tourisme de la Polynésie française, sans compter les changements d\'enseignes, alors que six hôtels ont ouvert sur la même période. Le Club Med a fermé son établissement de Moorea il y a quelques années, celui de Bora Bora en 2009. Le Bora Bora Lagoon Resort a fait de même en septembre 2010, le Hilton Tahiti aussi quelques mois plus tôt, le Mandarin en juin 2011, et le Royal Papeete récemment. « Tous les hôtels devraient fermer si on était raisonnables. Les pertes sont abysalles (...) structurellement, il y a un vrai problème », a expliqué à Reuters Joël Allain, un investisseur local présent dans les hôtels des îles à travers la chaîne des « Pearl ».Les tarifs d\'Air Tahiti Nui pointés du doigt par les hôteliersPour les hôteliers, les raisons de cet effondrement sont imputables aux tarifs trop élevés pratiqués par Air Tahiti Nui depuis son partenariat avec Air France, et par les grèves à répétition de son personnel et de celui de Air Tahiti et de celui de l\'aéroport. « Actuellement, on est hors marché. Notre billet international est trop cher et notre billet inter-îles aussi », estime Franck Guillot, président de la Fédération de l\'hôtellerie indépendante.Air Tahiti Nui a perdu 8,7 millions d\'euros en 2011L\'accusation est classique. Partout dans le monde, les hôteliers tapent sur les compagnies aériennes quand la fréquentation chute. Pour autant, il est difficile de suspecter Air Tahiti Nui de pratiquer des tarifs élevés pour engranger les profits. La compagnie est en sérieuses difficultés depuis des années. En 2011, elle a perdu 8,7 millions d\'euros malgré une hausse de son chiffre d\'affaires de 4%, à 238,8 millions. Les recettes ne compensent pas les coûts (dont ceux du carburant qui ont bondi de 20 millions, soit une hausse de 40%). Sur des vols aussi longs que ceux en vigueur entre l\'Europe et la Polynésie, les charges sont extrêmement élevées. Les résultats auraient été bien pire sans la baisse de coûts de 5 millions d\'euros réalisés depuis 2010. 

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Commentaires
a écrit le 07/12/2013 à 12:18 :
Les liaisons aériennes sont le poumon de la polynésie. Sans ce moyens plus de touriste, plus d'essor économique, paupérisation et chomage. Air tahiti sont des privilégiés et ils font figure d'enfants gatés. Ils serait temps que gaston créé un e autre filiale indépendante afin d'honorer son contrat de continuité du service public. Je plains bien sincérement tous nos amis polynésiens et marquisiens de cette incompétence à assurer un service public digne de ce nom

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