Les États-Unis revoient les stocks mondiaux de blé à la baisse

Les moissons modestes de blé cette année devraient laisser les stocks de fin de campagne, au printemps prochain, à un niveau moins confortable qu'initiatement prévu. Voilà la principale conclusion du rapport mensuel de l'USDA*, qui a fait bondir les cours du blé de part et d'autre de l'Atlantique (+ 3,53 % à 7,19 dollars le boisseau aux États-Unis, et + 3,26 % à 213,50 euros la tonne à Paris). De 192 millions de tonnes cette année, les réserves de la céréale préférée du monde occidental pourraient chuter à 174,8 millions de tonnes en raison des mauvaises récoltes des pays de l'ex-URSS et de l'Europe. Très attendu en raison de la pertinence de son analyse, le document publié par le ministère de l'Agriculture américain a surpris les experts qui n'anticipaient pas une révision à la baisse aussi sévère. L'USDA a en effet effacé d'un coup 15 millions de tonnes de blé de ses prévisions initiales, « ce qui n'est pas dans ses habitudes » assure Emmanuel Jayet, analyste à la Société Généralecute; Générale, tout en estimant les cours actuels du blé quelque peu injustifiés. « C'est normal qu'il y ait eu un mouvement de panique, mais lorsqu'on aura les chiffres définitifs des moissons, les cours devraient refluer vers les 5 ou 6 dollars par boisseau », assure le spécialiste.Stocks Pakistanais inondésUn optimisme qui ne fait pas l'unanimité : une certaine angoisse demeure en raison d'incertitudes. « Le rapport de l'USDA est un peu inquiétant parce qu'il ne prend pas en compte les dernières catastrophes, notamment au Pakistan », assure un intervenant de marché français. Gros producteur de blé avec 23 millions de tonnes produites l'année dernière, soit plus que l'Ukraine, le pays aurait perdu 2,9 milliards de dollars de produits agricoles dans les inondations, selon un syndicat d'agriculture, et certains stocks de blé pourraient être concernés, même si le sucre de canne, le riz et le coton représentent les principales pertes. Le Pendjab, principale région frappée par les inondations, produit 70 % du blé pakistanais. La récolte, qui s'y déroule entre avril et juin, a été épargnée. En revanche, certains silos à grains seraient dévastés et les prochains semis prévus en octobre pourraient être compromis par les inondations. Le pays pourrait donc venir grossir le rang des acheteurs de blé dans le monde aussi bien pour le blé que le riz. Dans les deux cas, le commerce international représente une portion congrue de la production mondiale : 6,5 % du riz et 17 % du blé produit. * United States Department of Agriculture

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