Le plan Hollande-Montebourg est-il celui de la dernière chance pour l'industrie française ?

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Alors que la reprise industrielle se fait désespérément attendre, que pas une semaine ne passe sans qu'une usine ferme ses portes, l'exécutif présente ce jeudi la cartographie de la France industrielle de demain. Pour élaborer cette stratégie en 34 plans, le ministère du Redressement productif s'est reposé sur deux éléments : d'un côté, les atouts dont disposent actuellement les entreprises françaises,et ceux qu'elles sont en train de construire via leur R&D, et, de l'autre, le potentiel du marché futur. En procédant ainsi, le gouvernement veut éviter de financer des projets sans doute géniaux techniquement, mais qui seront invendables car inutiles.Trois priorités affichéesCes nombreux chantiers couvriront-ils de manière exhaustive tous les secteurs économiques ? Pas réellement. Ils devront favoriser la transition écologique, l'amélioration de la santé et le développement du numérique. Seront-ils futuristes ? Pas du tout. La plupart de ces objets, de ces process doivent irradier l'ensemble de l'industrie et les services qui y sont rattachés. C'est le cas par exemple du plan robotique qui doit d'une part combler le retard de la France par rapport à ses concurrents et améliorer la productivité globale de l'industrie. Selon le rapport Gallois, la France ne compte que 34.500 robots contre 62.000 en Italie et 157.000 en Allemagne. Si certains de ce projets ont déjà été lancés, notamment la voiture qui consomme moins de deux litres au 100 kilomètres ou la borne de recharge électrique, d'autres sont en train d'être structurés. C'est par exemple le cas des textiles innovants, des réseaux électriques intelligents, de l'hôpital numérique ou du véhicule à pilotage automatique.Interrogé ce jeudi matin sur Europe 1, Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, a également précisé qu'un projet d'avion électrique est également initié par Airbus et qu'un partenariat entre Renault et le groupe Bolloré était lancé pour créer une voiture électrique.Concrètement, le véritable coup d'envoi de ce plan s'effectuera dans six mois, le temps que toutes les équipes opérationnelles soient constituées .Près de 500.000 emplois concernés au cours des dix prochaines annéesSelon les estimations du ministère du Redressement productif et des cabinets de conseil qui ont collaboré à cette nouvelle initiative pour sauver l'industrie française, dont McKinsey, celle-ci concernerait 480.000 emplois sur dix ans, entre les créations de postes et les substitutions. « Cette estimation est à prendre avec des pincettes car on ne peut deviner avec certitude quels seront les plans qui connaitront le succès. Une chose est certaine, si ces chantiers ne sont pas lancés, le déclin de l'industrie tricolore se poursuivra », martèle-t-on à l'Elysée.Le plan de la dernière chance ?Evidemment, ce plan, que d'aucuns pourront considérer comme étant celui de la dernière chance a un coût, estimé à 3,5 milliards d'euros. Il sera pris en partie en charge par le Programme des investissements d'avenir dirigé par Louis Gallois, mais aussi par la Caisse des Dépôts. L'Etat, qui espère également favoriser la réussite de ces projets via la commande publique, ne sera pas le seul à mettre la main à la poche. « L'intervention publique doit déclencher l'effet de levier le plus large possible », explique l'entourage du président de la République. C'est pour impliquer les entreprises, pour les inciter à travailler ensemble, mais aussi pour s'assurer que les objets du futur intéresseront, en effet, les consommateurs, que ces 34 projets auront des chefs d'entreprises pour chef de file.    

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