Stephen Elop doit reconnecter Nokia aux besoins des clients

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Changement d'ère chez Nokia. Le conseil d'administration du géant finlandais, premier fabricant mondial de téléphones mobiles, est allé chercher outre-Atlantique, chez Microsoft, l'homme qui doit « accélérer le renouveau de l'entreprise ». Le Canadien Stephen Elop, qui dirigeait depuis 2008 la plus grosse division de Microsoft, celle de la suite logicielle Office (Microsoft Business Division), deviendra PDG de Nokia dès le 21 septembre. Jamais un étranger n'avait pris les rênes de la première entreprise du pays, à la culture résolument finlandaise.Les administrateurs du groupe installé à Espoo, près d'Helsinki, ont remercié de quelques mots Olli-Pekka Kallasvuo, aux commandes depuis quatre ans, pour ses trente ans de bons et loyaux services dans la maison... Des rumeurs d'éviction circulaient depuis des mois, les actionnaires perdant patience après une série de résultats décevants (« La Tribune » du 21 juillet). Ce choix pour piloter un mastodonte de 41 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 130.000 salariés « est audacieux. Certes les téléphones mobiles deviennent des ordinateurs mais les compétences d'Elop dans le domaine du matériel, du design, de la logistique sont limitées », relève Neil Mawston, du cabinet Strategy Analytics. Solides connaissancesDans un anglais mâtiné d'accent américain, qui tranche avec le phrasé guttural de son prédécesseur, Stephen Elop a souligné vendredi lors d'une conférence de presse à Helsinki que Nokia évolue dans un environnement « en pleine rupture technologique, avec de nouveaux concurrents affluant sur le devant de la scène, avec de nouvelles façons de gagner de l'argent... ». À 46 ans, dix de moins que Kallasvuo, il possède « l'expérience sectorielle et les qualités de dirigeant » qu'il faut, selon le président du conseil de Nokia, Jorma Ollila. Parmi les atouts du Canadien, qui a promis de s'installer très bientôt à Helsinki, Nokia loue « ses solides connaissances en matière de logiciel », dont sept ans chez Macromedia, l'inventeur du fameux programme Flash, racheté par Adobe, mais aussi « son expérience réussie dans la conduite du changement ». Car Nokia doit changer, et vite. Olli-Pekka Kallasvuo avait initié la stratégie de mutation d'un groupe industriel vers de nouvelles activités de services et de logiciels (téléchargement de musique, de jeux, d'applications sur le portail Ovi) devant générer 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011. Mais il faut accélérer, à l'heure où des acteurs de l'informatique ou de l'Internet, comme Apple avec son iPhone et Google avec son système d'exploitation Android, viennent bouleverser le marché du mobile. Sa mue doit aussi passer par l'évolution de son logiciel Symbian (lire ci-dessous). S'il demeure l'incontestable leader du secteur, avec une part de marché mondiale proche de 35 %, plus que celle cumulée de ses trois premiers concurrents (Samsung, LG, RIM), Nokia perd du terrain dans le segment lucratif des smartphones, faute de proposer d'alternative séduisante à l'iPhone ou au BlackBerry de RIM. La marque est ainsi quasi absente du premier marché des smartphones, l'Amérique du Nord. Cependant, l'ex-Microsoft et familier de la Silicon Valley n'a pas l'expérience du marché grand public ni le carnet d'adresses (opérateurs, distributeurs) pour remédier à ce problème. Nouvelles dimensionsAinsi Nick Jones, du cabinet d'études Gartner, n'est « pas sûr qu'il apporte des compétences particulières pour relever les défis de Nokia », observant que « Microsoft a les mêmes problèmes que Nokia en matière d'innovation, en particulier dans les smartphones ». Reprenant le slogan du groupe finlandais, Stephen Elop a déclaré que « la mission de Nokia restera de connecter les gens, dans de nouvelles dimensions, en développant notre portefeuille de produits, de solutions et de services ». Son rôle, tel qu'il le conçoit, sera « de s'assurer que nous répondons aux besoins de nos clients tout en réalisant des résultats financiers de qualité supérieure ». En résumé, de rétablir le lien entre Nokia et les consommateurs (mais aussi les actionnaires), de redonner envie d'acheter du Nokia.

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