L'enfer des déplacements
La Tribune
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Maybach, Rolls-Royce, Ferrari et Bentley encombrent les rues de Moscou. Et pour cause, seul New York compte plus de milliardaires que la capitale russe. Mais ces derniers pâtissent autant que les chauffeurs de taxi de la piètre qualité des infrastructures routières. Nids-de-poule et plaques d'égout mal fixées sont la hantise des automobilistes, qui vivent un enfer quotidien. Les perpétuels bouchons empoisonnent l'atmosphère et font perdre des milliards d'euros à l'économie russe. La vitesse moyenne de circulation est de 21,8 km/h contre 38 km/h à New York, où l'on compte pourtant 910 voitures pour 1.000 habitants contre seulement 350 pour 1.000 dans la capitale russe. La municipalité fait-elle des économies sur la voirie ? Que nenni. Il se trouve simplement que le coût de la construction de routes à Moscou est de loin le plus élevé au monde. Selon une récente étude basée sur le budget municipal, la construction d'un kilomètre du périphérique moscovite atteint la somme exorbitante de 80 millions d'euros, soit exactement dix fois le coût d'une autoroute allemande. Selon Boris Nemtsov, cette situation est le résultat de « l'absence de concurrence » et de l'opacité dans l'attribution des contrats. Logiquement, le parti de Nemtsov n'a pas été autorisé à concurrencer celui du maire aux élections de dimanche.Même le métro, de loin le moyen de transport le plus fiable et le plus rapide à Moscou, n'échappe pas aux bouchons. Des files d'attente se forment devant les rames aux heures de pointe et les passagers restent coincés jusqu'à vingt minutes dans les couloirs de correspondance. La ventilation, qui, dans les stations, date des années 1930, est inexistante dans les rames. Pas étonnant que les Moscovites motorisés préfèrent rester coincés quatre heures dans les embouteillages?
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