Le mur se rapproche

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chronique des tauxAu lieu des 800 milliards dont a besoin l'économie américaine, le nombre de dollars (la « base monétaire ») atteint 1.700 milliards. [...] L'argent facile est une drogue, dont les Américains n'arrivent pas à se priver. La banque centrale américaine (la Fed) crée des dollars au-delà du raisonnable. Au lieu des 800 milliards dont a besoin l'économie américaine, le nombre de dollars (en jargon, la « base monétaire ») atteint 1.700 milliards. Il y a tellement de dollars que le taux d'intérêt à court terme est à zéro, ce qui est le but visé. Il y a encore quelques mois, les banques commerciales étaient inquiètes pour leur liquidité et étaient disposées à emprunter ces dollars. C'est de moins en moins le cas. Alors, la Fed emploie les dollars à acheter des obligations d'État et des obligations de Fannie Mae, ce qui soutient leur cours et maintient aussi les taux d'intérêt à long terme trop bas. Cela permet, par ricochet, de soutenir aussi le marché immobilier puisque Fannie Mae et les institutions de ce genre sont les seules à accorder encore des crédits hypothécaires. Tout cela est bien confortable, mais tout le monde sait que ce n'est pas durable et qu'il faudra revenir tôt ou tard à une politique plus sérieuse. Mais la Fed est décidée à poursuivre cette politique accommodante (et suicidaire !) le plus longtemps possible. L'argent facile est une drogue, dont les Américains n'arrivent pas à se priver.Dans le monde entier, on commence à voir des comportements de précaution. On accumule des matières premières (voir la hausse des stocks). On place ses réserves en d'autres monnaies (voir la baisse du dollar). La semaine dernière, certaines banques centrales asiatiques ont dû acheter des dollars pour empêcher une chute incontrôlée.Quand le dollar aura baissé à un niveau insupportable, c'est-à-dire quand les consommateurs se révolteront devant les prix de l'essence et des produits de grande consommation, la Fed se résoudra à monter le taux d'intérêt pour défendre le dollar. Elle le fera sous la contrainte du marché des changes et du marché obligataire. Il est à peu près sûr que les taux d'intérêt remonteront sur le dollar, de même qu'il est à peu près sûr qu'une voiture ralentira dans un cul-de-sac. Il est dommage d'attendre le mur ! nPar Maurice de Boisséson (Octo Finances).

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