Développement durable : de la conviction à l'action

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Au cours des trois dernières années, le développement durable a pris du galon sur l'agenda des PDG. C'est du moins ce que révèle l'étude menée par Accenture pour le Pacte mondial des Nations Unies (Global Compact). Cette initiative, lancée en 1999 au Forum économique mondial de Davos par l'ancien Secrétaire général Kofi Annan, fédère des entreprises autour d'un ensemble de valeurs concernant les droits de l'homme, l'environnement ou encore la lutte contre la corruption. Le Global Compact mène tous les trois ans une étude sur le développement durable dans les entreprises. Selon l'édition 2010, 93?% des quelque 700 PDG interrogés estiment donc que le développement durable et la responsabilité sociale de l'entreprise joueront un rôle essentiel dans le développement de leur activité. Dans un contexte où les défis environnementaux, sociaux et de gouvernance s'accroissent, des pratiques responsables et des produits «?durables?» ouvrent en effet de nouveaux marchés répondant à de nouvelles attentes, génèrent de nouveaux modèles économiques et suscitent de nouvelles sources d'innovation.Conséquence de la crise financière et économique, la perte de confiance des citoyens face à leurs gouvernements et des consommateurs face aux entreprises rend le défi du développement durable à la fois plus nécessaire et plus délicat. 72?% des entreprises entament ce type de démarches avant tout pour renforcer leur marque et leur réputation. La place du consommateur Mais comment restaurer cette confiance ébranlée?? Faire oeuvre de pédagogie et de transparence sur ces sujets (72?%), se montrer proactifs sur le changement climatique (66?%) et s'attaquer aux enjeux des consommateurs les plus pauvres (51?%) apparaissent comme les pistes les plus efficaces. D'autant plus que, et c'est là un autre enseignement majeur de cette étude, le consommateur (particulier ou entreprise) devrait à l'avenir être le principal moteur d'une stratégie de développement durable (58?%), devant les employés (45?%) et les gouvernements (39?%). En revanche, les ONG (15?%) ont vu leur rôle s'émousser au fil du temps.Mais si les choses semblent s'être éclaircies dans les esprits, la mise en oeuvre d'une politique de développement durable et son intégration à la stratégie des entreprises demeurent toujours aussi complexes, si ce n'est de plus en plus. On observe d'ailleurs des différences de taille entre ce que les PDG estiment nécessaire et ce que les entreprises font en réalité. C'est notamment le cas concernant la supply chain, les filiales, l'évaluation et la formation des managers ou encore la teneur des échanges avec les analystes financiers. En cause, notamment, de multiples freins internes ou externes invoqués par les entreprises dans la mise en oeuvre de leurs politiques durables?: difficultés d'intégration de la stratégie dans l'ensemble des fonctions (49?%), conflits entre priorités stratégiques (48?%), mais aussi manque de reconnaissance des marchés financiers pour ces initiatives (34?%) ou encore difficulté à démontrer la valeur ajoutée liée à leurs politiques durables (30?%). Pour passer des paroles aux actes, les entreprises appellent de leurs voeux l'expression d'une demande claire de la part des consommateurs, de jeunes managers mieux formés à ces problématiques, une meilleure valorisation financière par les investisseurs de long terme ou les actionnaires, plus de responsabilité attribuée aux cadres dirigeants et une meilleure visibilité réglementaire. Vaste programme... Malgré tout, les PDG pensent que moins de dix ans seront nécessaires à une intégration du développement durable dans la stratégie d'une majorité d'entreprises.

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