Nicolas Sarkozy chahuté à droite sur l'ouverture

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Un sondage a donné hier de l'air à Nicolas Sarkozy et à Frédéric Mitterrand. Selon cette enquête BVA pour Canal Plus, 67 % des personnes interrogées jugent que le ministre de la Culture ne doit pas démissionner après la polémique suscitée par son livre « la Mauvaise Vie ». Elles ne sont que 20 % à souhaiter son départ de la Rue de Valois et 13 % se disent sans opinion.Mais à l'UMP, certains se sont saisis de cette affaire pour rappeler au chef de l'État leur hostilité à l'« ouverture » engagée en 2007, avec l'entrée au gouvernement de personnalités venues de la gauche. Une stratégie confirmée avec la nomination le 23 juin du neveu du premier président socialiste de la Ve République au ministère de la Culture.« Je considère qu'il y a une accumulation de nuages sur le front de la majorité aujourd'hui : l'ouverture un était acceptée, l'ouverture deux devient moins tolérée. S'il y a une troisième ouverture, elle sera repoussée, rejetée », a prévenu hier matin le député de l'Aube et maire de Troyes, le chiraquien François Baroin. Nicolas Sarkozy « prendra sa responsabilité, mais au sein de la majorité, nous sommes très nombreux à considérer que trop, c'est trop », a-t-il ajouté.Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP et bon soldat de la Sarkozie, a affirmé pour sa part que l'affaire Mitterrand était « terminée ». Rappelant la majorité à son devoir de cohésion derrière Nicolas Sarkozy, il a dénoncé « une meute lâchée » sur le ministre de la Culture.MalaiseReste que le malaise perdure entre le chef de l'État et sa majorité. Nicolas Sarkozy estime que le brouillage des lignes entre gauche et droite lui a permis de consolider une base estimée à environ un tiers de l'électorat. Pour lui, il s'agit d'assurer à l'UMP un score de premier tour suffisant pour garantir la victoire au second. Le ralliement récent des troupes de Philippe de Villiers ou du chasseur Frédéric Nihous va dans ce sens.Mais dans le même temps, Nicolas Sarkozy voit s'approfondir les lignes de fracture. La probable élection de son fils Jean à la tête de l'établissement public gérant le quartier de La Défense a entraîné des justifications laborieuses du parti du président. Le procès Clearstream a réveillé son antagonisme de toujours avec Dominique de Villepin. Enfin, sous la houlette de Jean-François Copé, le groupe UMP à l'Assemblée multiplie les signes d'insoumission à l'encontre du chef de l'État.Pour François Baroin, la suppression de la taxe professionnelle, la réforme des collectivités locales et l'alourdissement de la dette publique font « souffler un vent relativement mauvais pour la droite ». « Ces réformes ne sont pas de nature à mobiliser notre électorat » en vue des élections régionales de mars prochain, a-t-il insisté.Plus que tout, l'UMP redoute une déperdition en voix sur sa droite. L'offensive de Marine Le Pen contre Frédéric Mitterrand sonne en effet le réveil de l'extrême droite que Nicolas Sarkozy a peut-être enterrée un peu vite en 2007.

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