Moscou révise son plan anticrise

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financePuisque les banques russes refusent obstinément de prêter en dépit des massives injections de liquidités venues des coffres de l'État, ce dernier opère un virage à 180 degrés pour parer au plus pressé : la montée du chômage. Le ministre des Finances, Alexeï Koudrine, va proposer au Parlement un amendement au budget 2009 pour gonfler son plan anticrise. Celui-ci devrait finalement dépasser les 14 milliards d'euros alors que la limite prévue dans le budget était de 10,5 milliards d'euros. Le gouvernement a ainsi décidé que les 300 milliards de roubles (7 milliards d'euros) mis de côté pour recapitaliser les banques dans le besoin seront plus utiles s'ils sont injectés dans les sociétés les plus stratégiques de l'économie russe. À commencer par le constructeur automobile AvtoVaz, qui fait vivre directement et indirectement un bon million de Russes et toute la ville de Tolyatti. Le constructeur a menacé il y a deux semaines de recourir à un dépôt de bilan alors qu'il est incapable de faire face à sa dette. Ses ventes ont chuté de 60 % cette année.menacées de disparitionCe changement d'orientation ne signifie aucunement que le système bancaire russe est hors de danger. Selon Moody's, un quart du portefeuille de crédit total des banques russes est qualifié de « problématique » et le restera durant l'année 2010. La chute prévue de 8,5 % du PIB russe en 2009 et de 1,7 % l'an prochain, toujours selon Moody's, n'est pas de bon augure. Le système bancaire russe reste le talon d'Achille de l'économie du pays pour la plupart des économistes. Selon Alexeï Koudrine, 200 banques russes sur un total de 1.100 établissements pourraient disparaître dans les toutes prochaines années à cause de la crise financière.Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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