Le tutorat jeunes-seniors fait des émules parmi les syndicats et le patronat
La Tribune
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Dans le contexte de polémique créée par des plans de départs volontaires, comme chez Renault ou Sanofi-Aventis, qui vont à l'encontre de la politique du gouvernement en faveur des seniors, FO remet sur la table sa proposition de création d'une allocation de solidarité intergénérationnelle (ASI). Le dispositif ? qui sera examiné par les partenaires sociaux dans le cadre d'une négociation qui doit s'ouvrir prochainement sur l'emploi des jeunes et des seniors ? prendrait la forme d'une « allocation versée par l'Etat aux employeurs, en compensation du maintien du salaire des seniors (plus de 58 ans), qui acceptent d'exercer une mission de tutorat dans l'entreprise », explique Stéphane Lardy, secrétaire confédéral chargé de l'emploi à FO. En contrepartie, les tuteurs verront leur temps de travail aménagé et réduit pour pouvoir s'occuper d'un jeune en contrat de professionnalisation ou d'un demandeur d'emploi nouvellement embauché dans l'entreprise.30.000 à 50.000 tuteursPour un salarié à temps plein devenu tuteur, la « semaine type » serait composée de trois jours de travail « classiques », d'un jour de tutorat et d'un jour de dispense d'activité. Comme hypothèse de travail, FO a retenu l'objectif de 30.000 à 50.000 tuteurs. Et chiffré le montant de l'allocation à environ 500 euros par mois et par tuteur correspondant « à environ 20 % du salaire moyen, cotisations patronales comprises (soit 6.000 euros par an) ». Outre le maintien des seniors dans l'emploi et la transmission des savoirs, le dispositif pourrait avoir un impact sur l'emploi des jeunes, qui est l'autre grande priorité du moment : un actif sur quatre de moins de 25 ans est au chômage, selon l'Insee.Au sein du monde patronal, l'idée de tutorat séduit. « Nous pouvons réfléchir sur un système de tutorat entre les jeunes et les seniors. On pourrait, par exemple, imaginer que l'entreprise puisse déduire de ses cotisations ? formation, notamment ? l'équivalent du temps passé par un senior sur ce tutorat », indique en effet Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la CGPME. I. M.
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