La malédiction Areva

 |   |  356  mots
Il y a une malédiction Areva. Depuis sa naissance au forceps, en 2001, on sait que ce géant public du nucléaire a besoin d'argent. Et que l'État actionnaire n'y pourvoira pas. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire, a toujours plaidé pour une ouverture partielle du capital. Un projet mis à l'étude dès 2003 par le gouvernement Raffarin, officialisé en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors à Bercy, retardé par son successeur Thierry Breton, enterré en 2006 par le Premier ministre Dominique de Villepin. Au nom de l'intérêt national. Depuis, l'État a fait, avec constance et régularité, la preuve de son incapacité à gérer le dossier. Il y a d'abord eu l'appétit de Martin Bouygues et Patrick Kron (Alstom), deux amis du Fouquet's, que l'Élysée met des mois à écarter. Puis la volonté du patron d'EDF, Henri Proglio, de s'imposer comme le « chef de file » du nucléaire, qui n'a été ni contrariée par le président de la République, ni véritablement entérinée. Bien que relancée il y a dix-huit mois, l'augmentation de capital d'Areva tourne au fiasco. On attendait trois nouveaux investisseurs et 3 milliards d'euros. Il n'en vient qu'un seul, le fonds souverain du Koweït, ne déboursant que 600 millions. Pour faire la soudure, l'État est contraint de mettre 300 millions au pot... en attendant un éventuel second tour qui permettrait, peut-être, à Alstom et EDF de revenir dans le dossier ! On reste confondu devant ce pilotage à vue. Le nucléaire civil, dit-on, n'est pas une activité comme une autre, ce qui est vrai. Son « acceptabilité » par les Français dépend du caractère public des acteurs de la filière, dit-on encore, ce qui est partiellement faux. EDF, avec son parc de 58 centrales, est une valeur phare du CAC 40 ! La solution est là, évidente depuis dix ans. L'État, ce week-end, s'est engagé à faire « ses meilleurs efforts » pour convertir en actions les certificats d'investissement actuels... Qu'il aille plus loin. C'est sur le marché qu'Areva doit aller chercher l'argent qui lui manque. pagay@latribune.frPar Pierre-Angel GayDirecteur adjoint de la rédaction

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :