Une gestion discutable du dossier par l'État actionnaire

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Nommé cet été à la tête de l'Agence des participations de l'Etat, Jean-Dominique Comolli a hérité de la délicate tâche de finaliser l'augmentation de capital d'Areva, décidée en juin 2009. Une mission doublement périlleuse. D'abord, parce que l'Etat avait laissé mijoter depuis plus d'un an les trois investisseurs intéressés (les fonds souverains du Qatar et du Koweit ainsi que Mitsubishi). Ensuite, parce qu'en exigeant en juillet que l'opération soit bouclée d'ici à la fin de l'année, Nicolas Sarkozy a fourni un fort levier de négociation aux candidats. Bilan : les dernières semaines ont vu le gouvernement écarter successivement l'industriel japonais, partenaire de longue date d'Areva, et le fonds qatarien (QIA), désireux d'acheter 10 % d'Areva. Le nouveau commissaire aux participations avait pourtant soumis des prétentions plus raisonnables que son prédécesseur. Ses services valorisaient Areva entre 10 et 12 milliards d'euros contre 20 milliards avant l'été. Mais plusieurs obstacles sont venus interférer. « Sans céder à la théorie du complot dirigé dans l'ombre par EDF pour servir ses ambitions, il est sûr que Henri Proglio et Patrick Kron ont fait pression dans ce dossier, explique une source proche d'un des candidats évincés. La multiplicité des avis au sein de l'Etat a laissé le champ libre aux interventions des patrons d'EDF et d'Alstom, très écoutés à l'Elysée. » Exigences qatariennesPar ailleurs, l'Etat s'est trouvé face à des investisseurs très exigeants. Les fonds souverains moyen-orientaux, qui investissent des milliards de dollars sur toute la planète, n'ont pas laissé la politique prendre le pas sur leurs stricts intérêts financiers. C'est ainsi que le QIA a exigé de pouvoir, un jour, prendre une participation dans les mines d'uranium d'Areva, qui lui semblaient un actif plus rentable. Exigence que l'Etat a mis des mois à refuser. M.-C. L.

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